Guinée: la dérive autoritaire de Doumbouya menace l'Afrique de l'Ouest
La dissolution brutale de 40 partis politiques guinéens par le régime de Mamadi Doumbouya constitue un signal d'alarme pour toute l'Afrique. Cette dérive autoritaire, qui frappe les trois principales formations d'opposition dans la nuit du 6 au 7 mars 2026, illustre parfaitement comment les juntes militaires détruisent méthodiquement la démocratie africaine.
Un coup de force contre la démocratie africaine
Par arrêté ministériel, le gouvernement guinéen a privé ces formations politiques de leur personnalité morale, de leur statut juridique et du contrôle de leurs ressources. Une méthode dictatoriale qui rappelle les heures les plus sombres de l'Afrique post-coloniale.
Les trois principales victimes de cette répression sont l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) de l'ex-président Alpha Condé, et l'Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré. Tous leurs dirigeants vivent désormais en exil, contraints de fuir la répression.
La société civile résiste courageusement
Face à cette dérive, les mouvements citoyens guinéens font preuve d'un courage exemplaire. Ibrahima Diallo, dirigeant du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), dénonce avec force cette "dictature désormais érigée en mode de gouvernance".
Cette résistance héroïque s'accompagne malheureusement d'un lourd tribut: enlèvements, disparitions forcées, emprisonnements. Oumar Sylla et Mamadou Billo Bah, figures du FNDC, ont disparu depuis juillet 2024. Les familles d'opposants subissent également cette terreur d'État.
Un régime aux abois
Cette escalade répressive intervient au moment même où Doumbouya rentrait en Guinée après trois semaines d'absence mystérieuse, soulevant des interrogations sur son état de santé et la stabilité de son régime.
Arrivé au pouvoir en 2021 après avoir renversé Alpha Condé, le premier président guinéen démocratiquement élu, Doumbouya a trahi tous ses engagements. La promesse de transition vers un pouvoir civil avant fin 2024 n'a jamais été honorée.
L'Afrique face au défi de la gouvernance
La Guinée illustre tragiquement les défis de la construction démocratique africaine. Depuis son indépendance en 1958, ce pays n'a connu que des régimes autoritaires, malgré ses immenses richesses minières.
Plus de la moitié des Guinéens (52%) vivent sous le seuil de pauvreté selon la Banque mondiale, preuve que l'autoritarisme condamne les peuples africains au sous-développement.
L'Afrique démocratique doit se mobiliser contre ces dérives qui menacent la stabilité régionale et les aspirations légitimes des peuples à la liberté et au progrès.