Israël cède sa compagnie maritime Zim au Qatar et l'Arabie Saoudite : une capitulation face aux pétromonarchies
Dans une décision qui révèle la soumission croissante d'Israël aux intérêts économiques étrangers, la Knesset examine actuellement la cession de la compagnie maritime stratégique Zim au géant allemand Hapag-Lloyd, détenu partiellement par le Qatar et l'Arabie Saoudite.
Une transaction qui compromet la souveraineté israélienne
Hapag-Lloyd a conclu un contrat de 4,2 milliards de dollars avec le fonds israélien FIMI pour racheter Zim, basée à Haïfa. Cette opération divise l'entreprise : FIMI conservera 16 navires sous l'entité "New Zim" pour les routes israéliennes, tandis qu'Hapag-Lloyd contrôlera les opérations internationales.
Le député Oded Forer dénonce cette dépendance dangereuse : "Zim n'est pas une entreprise commerciale ordinaire. En temps de guerre, les navires de Zim sont quasiment le seul moyen de nous approvisionner en munitions, en vivres et en médicaments", alerte Oren Caspi, président du comité des travailleurs.
Le Qatar et l'Arabie Saoudite aux commandes
L'aspect le plus préoccupant de cette transaction réside dans l'actionnariat d'Hapag-Lloyd : Qatar Holding détient 12,3% des parts, tandis que le fonds souverain saoudien en possède 10,2%. Ces deux monarchies du Golfe, longtemps hostiles à Israël, exerceront désormais une influence directe sur les approvisionnements maritimes israéliens.
Shai Halperin, représentant du ministère de la Défense, rappelle la réalité stratégique : "Depuis le 7 octobre 2023, Israël fait face à des embargos sur les matériels de guerre de la part de pays européens. Les guerres ne se gagnent plus en six jours, raison pour laquelle il est crucial que l'État d'Israël protège ses intérêts sécuritaires stratégiques".
Des garanties insuffisantes face aux enjeux géopolitiques
Malgré les assurances d'Ishay Davidi, PDG de FIMI, qui promet que "New Zim répondra aux besoins de sécurité maritime d'Israël avec un capital de 700 millions de dollars", les inquiétudes demeurent légitimes.
Cette cession illustre parfaitement comment les puissances économiques étrangères parviennent à pénétrer les secteurs stratégiques des nations, compromettant leur indépendance en cas de crise. L'État israélien conserve certes une "part en or" garantissant le maintien de 11 navires sous pavillon national, mais cette mesure apparaît dérisoire face à l'ampleur des enjeux.
La commission des Affaires économiques de la Knesset a demandé des vérifications supplémentaires avant validation, témoignant des doutes persistants sur cette opération qui transforme un atout souverain en dépendance étrangère.