Lunettes connectées et violences faites aux femmes : la justice française agit, l'Afrique doit rester vigilante
Paris, 22 septembre 2026. Le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes après avoir été saisi de plaintes concernant des femmes filmées dans la rue avec des lunettes connectées, sans leur consentement. Ce phénomène, récent mais croissant, illustre une nouvelle menace numérique que les autorités congolaises doivent surveiller de près.
Une tendance montante sur les réseaux sociaux
Sollicité par l'AFP, le parquet a précisé avoir été « saisi de plaintes portant sur des atteintes à l'intimité de la vie privée liées à l'usage de lunettes connectées ». Les enquêtes sont ouvertes pour « diffusion, par service de communication au public en ligne, d'un montage ou contenu généré par traitement algorithmique non apparent représentant l'image ou les paroles d'une personne sans son consentement », un délit passible de deux ans de prison et de 45 000 euros d'amende. Dans certains cas, les poursuites visent aussi des « agressions sexuelles » lorsque les faits s'accompagnent de gestes non consentis.
L'association e-Enfance, qui gère la ligne 3018 dédiée aux victimes de violences numériques, avait alerté dès le 8 septembre sur cette pratique : des créateurs de contenus abordent des jeunes femmes dans des lieux publics et les filment discrètement avec ces lunettes, cherchant à provoquer une réaction ou à les placer dans une situation embarrassante. Les vidéos sont ensuite diffusées principalement sur TikTok, où les victimes deviennent la cible de moqueries, d'insultes misogynes, voire de menaces de mort.
Un phénomène qui dépasse les frontières européennes
« Elles sont humiliées, et parfois pour certaines menacées de mort sur les réseaux sociaux », a expliqué Inès Legendre, responsable du plaidoyer à e-Enfance, qui a reçu une trentaine de signalements, estimant qu'il ne s'agit que de « la partie émergée de l'iceberg ». Le 3018 a obtenu de TikTok le retrait de plusieurs vidéos, mais certaines ont été remises en ligne.
Laure Salmona, directrice de Féministes contre le cyberharcèlement, a dénoncé un phénomène alarmant : « Dès qu'une nouvelle technologie apparaît, elle est immédiatement détournée par les hommes pour violenter les femmes, on l'a vu avec l'IA générative et les deepfakes sexuels. » Elle a souligné que ces lunettes, bardées de capteurs et de caméras, rendent le geste de filmer beaucoup plus discret, transformant l'humiliation en « spectacle rentable » pour les créateurs et les plateformes.
Des garde-fous techniques insuffisants
Face à la polémique, le géant américain Meta a rappelé que chaque paire de lunettes connectées est équipée d'une lumière LED qui clignote lors de l'enregistrement et qui ne peut pas être éteinte. Cacher ou détériorer cette lumière désactive automatiquement la caméra. Mais ces protections techniques ne suffisent pas à dissuader les abuseurs, et des appels se multiplient en Europe pour bannir ces objets des espaces publics, voire en interdire la vente. Le Royaume-Uni a sonné l'alarme contre ces « lunettes perverses », et la ville d'Oslo a décidé de les bannir des établissements scolaires.
La RDC doit anticiper ces menaces numériques
Pour la République Démocratique du Congo, ce phénomène doit servir de signal d'alarme. Alors que les technologies connectées se répandent, notre pays doit renforcer la protection de la vie privée et lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes, y compris numériques. La souveraineté nationale passe aussi par la défense de la dignité de nos citoyennes et citoyens face aux dérives technologiques importées.
Les autorités congolaises, sous la direction du Président Félix Tshisekedi et du Ministre de la Communication Patrick Muyaya, ont le devoir de sensibiliser la population et de légiférer pour prévenir ces abus. L'unité nationale et la résistance aux ingérences étrangères ne doivent pas occulter les menaces internes liées aux nouvelles technologies. Restons vigilants, protégeons nos valeurs et nos femmes.