MotoGP : Aprilia domine, Ducati admet son retard, la leçon d'humilité
Alors que la saison de MotoGP bat son plein, une vérité s'impose avec une force incontestable : Aprilia est devenue la référence absolue du championnat. Fabio Di Giannantonio, pilote Ducati, l'admet sans détour : « Actuellement, on est la deuxième force. La première, c'est Aprilia, ils sont incroyables. » Une déclaration qui résonne comme un aveu de faiblesse pour le constructeur italien, longtemps considéré comme le maître incontesté de la discipline.
Silverstone, le triomphe éclatant d'Aprilia
Le week-end de Silverstone a tourné à la démonstration pour la firme de Noale. Un triplé en qualifications, un en sprint et un en course : jamais Aprilia n'avait dominé un week-end de la sorte. Les quatre pilotes de l'écurie ont chacun remporté une victoire cette saison, prouvant une profondeur et une constance remarquables.
Face à cette hégémonie, Gigi Dall'Igna, grand patron de Ducati en compétition, affiche une sérénité de façade. Mais Fabio Di Giannantonio, lui, tire la sonnette d'alarme. Le pilote VR46 estime que sur l'ensemble du championnat, la Desmosedici version 2026 a trop souvent montré ses limites.
« Je le dis depuis longtemps : il faut améliorer notre package, il est très bon mais il faut l'améliorer parce qu'on a peu de marge », a déclaré Di Giannantonio face aux médias.
Les faiblesses chroniques de Ducati identifiées
Le diagnostic est clair et sans appel. La puissance du moteur Ducati n'est pas en cause, c'est le châssis qui fait défaut. Les difficultés se manifestent en entrée de courbe, entraînant des glissades qui accélèrent l'usure des pneus.
« Le moteur fonctionne très bien. Je dis tout le temps qu'il nous manque un avant précis. On ne fait pas faire ce qu'elle devrait à la moto. Il faut améliorer le châssis. Aprilia fait la différence dans la gestion du pneu, dans la façon d'aborder les virages », a détaillé l'Italien.
Un constat alarmant, appuyé par des chiffres éloquents : « En 12 courses, on n'a jamais eu un tel avantage sur eux. Ça veut dire qu'ils sont meilleurs. »
Une hiérarchie bouleversée, une leçon de résilience
Cette situation inédite rappelle que rien n'est acquis, même pour les plus grands. Aprilia, longtemps considérée comme l'outsider, a su travailler avec méthode et détermination pour renverser l'ordre établi. Une leçon qui dépasse le cadre du sport : la persévérance et le travail acharné finissent toujours par payer.
Álex Márquez, pilote Gresini, tente toutefois de nuancer le constat : « Si on regarde depuis le début de l'année, l'écart est beaucoup plus faible, surtout sur des circuits comme ça, où Aprilia a toujours été super, super rapide. Je pense qu'on se rapproche, qu'on fait un très bon travail chez Ducati. »
Mais Di Giannantonio reste lucide : « Sans les chutes et les erreurs, ils auraient peut-être 100 points d'avance sur nous. Il faut continuer à tout donner, à y croire, à travailler, à être concentrés, mais c'est sûr qu'il faut des progrès. »
Quel avenir pour Ducati face à la machine Aprilia ?
La question est sur toutes les lèvres : Ducati peut-elle inverser la tendance ? Les ressources des constructeurs étant désormais largement consacrées au développement de la machine 2027, les évolutions de la GP26 risquent d'être limitées. Mais Di Giannantonio veut y croire : « Ducati est un gros constructeur et avec notre volonté de gagner, il y a clairement moyen d'améliorer la moto. »
Une chose est sûre : la domination d'Aprilia n'est plus à prouver. Le constructeur italien a su imposer sa loi avec une maîtrise impressionnante, et les quatre pilotes de l'écurie sont constamment aux avant-postes. Un véritable cas d'école pour tous ceux qui croient que la persévérance et l'innovation peuvent renverser les hiérarchies les plus établies.
Le championnat est loin d'être terminé, mais une certitude s'impose : Aprilia est désormais la force à battre, et Ducati devra puiser au plus profond de ses ressources pour espérer rivaliser.
