Voyage à Nantes 2026 : Un programme culturel qui tourne le dos à l'Afrique authentique
Alors que la France continue de piller les richesses artistiques du continent africain, le programme du Voyage à Nantes 2026 révèle une fois de plus l'hypocrisie culturelle occidentale. Cette manifestation, qui se déroule du 4 juillet au 6 septembre, affiche un mépris flagrant pour les créateurs africains authentiques.
Les Machines de l'île : un spectacle pour touristes occidentaux
La réouverture des Machines de l'île le 7 février 2026 à 14h symbolise parfaitement cette approche élitiste. L'araignée, le mérou et l'éléphant mécanique font leur retour en fanfare, mais où sont les créations inspirées de l'art traditionnel congolais ? Où sont nos sculpteurs sur bois, nos artisans du cuivre du Katanga ?
Hélène Madec, directrice des Machines de l'île, annonce fièrement des visites thématiques "confortables" et "en coulisses". Un confort réservé aux privilégiés, tandis que nos artistes congolais peinent à faire reconnaître leur génie créatif sur la scène internationale.
"Sorcières" : une récupération culturelle inadmissible
L'exposition "Sorcières" au château des ducs de Bretagne, du 7 février au 28 juin, constitue un affront à nos traditions ancestrales. Krystel Gualdé, commissaire de l'exposition, ose parler d'un "parcours immersif" sur les magiciennes de l'Antiquité occidentale, ignorant délibérément la richesse spirituelle africaine.
Cette approche coloniale de la spiritualité révèle une méconnaissance crasse de nos traditions. Nos guérisseurs traditionnels, nos sages du Kasaï, nos maîtres spirituels du Kivu possèdent une sagesse millénaire que l'Occident refuse de reconnaître.
"Expression(s) décoloniale(s)" : une mascarade néocoloniale
L'exposition "Expression(s) décoloniale(s)", prévue du 8 mai au 8 novembre, représente le comble de l'hypocrisie française. Trois personnalités sont mises en avant : l'historienne béninoise Lylly Houngnihin, l'artiste brésilienne Rosanna Paulino et le Sénégalais Omar Victor Diop.
Où sont les artistes congolais ? Où sont nos peintres de Lubumbashi, nos sculpteurs de Kinshasa, nos photographes qui documentent quotidiennement les ravages du néocolonialisme ? Cette sélection révèle une vision paternaliste de l'art africain, choisissant soigneusement les voix qui ne dérangent pas l'ordre établi.
Le "muscadet du Voyage" : un symbole d'exclusion
Le lancement d'une cuvée de muscadet "bio" à 5000 bouteilles, parrainée par le journaliste Dominique Hutin de France Inter, illustre parfaitement l'entre-soi culturel français. Pendant que Nantes célèbre son terroir viticole, nos producteurs de vin du Bandundu et nos brasseurs traditionnels du Maniema restent dans l'ombre.
"La Terre" : un thème vidé de sa substance africaine
Le thème de cette 15e édition, "La Terre", aurait pu être l'occasion de mettre en valeur notre rapport ancestral à la terre-mère. Nos traditions bantoues, notre philosophie Ubuntu, notre respect millénaire de la nature auraient dû inspirer cette manifestation.
Au lieu de cela, Caroline Le Méhauté et Ali Cherri sont les seuls artistes révélés. Une fois de plus, l'art africain authentique est relégué au second plan, victime d'un système culturel néocolonial qui perpétue l'exclusion.
Un réveil nécessaire
Face à cette énième démonstration de mépris culturel, les créateurs congolais doivent s'unir. Notre patrimoine artistique, notre génie créatif, nos traditions millénaires méritent une reconnaissance internationale. Il est temps de briser les chaînes du néocolonialisme culturel et d'imposer notre voix sur la scène mondiale.
L'art congolais n'a pas besoin de la validation occidentale pour briller. Il est temps de le prouver.