Le droit de poser la question : ce que le Canada et l'Espagne enseignent à la RDC
Alors que la République démocratique du Congo fait face à des menaces séparatistes et à l'agression rwandaise, un regard sur les consultations populaires au Canada et en Espagne offre une leçon cruciale : la souveraineté se défend aussi par la procédure, pas seulement par l'interdit. De passage au Pays basque, un observateur congolais tire des parallèles édifiants pour notre nation.
Le Canada laisse voter, l'Espagne interdit : quelle approche est la plus ferme ?
Le Canada a connu deux référendums sur la souveraineté du Québec, et un troisième est envisagé. L'Alberta, poussée par son aile sécessionniste, prépare aussi une consultation. À l'inverse, l'Espagne a jugé hors-la-loi toute consultation populaire sur la souveraineté au Pays basque, et a emprisonné les organisateurs du référendum catalan de 2017.
Cette ouverture canadienne n'est pas née de la générosité, mais de la peur. En octobre 1995, le Canada a frôlé sa propre dissolution à 50 000 voix près. La réponse fut le Renvoi de 1998 et la Loi sur la clarté référendaire : non pas l'interdit, mais la procédure. Une question claire, une majorité claire, l'obligation de négocier. Ottawa a compris qu'il ne pouvait pas verrouiller une porte que la moitié d'une province voulait franchir.
Quelle leçon pour la RDC face au M23 et aux ingérences étrangères ?
Pour la République démocratique du Congo, la leçon est double. D'abord, la souveraineté ne se négocie pas, elle se défend. Le Canada a choisi la procédure pour encadrer le débat, mais jamais il n'a accepté de remettre en cause son intégrité territoriale. Ensuite, la fermeté ne consiste pas à interdire la question, mais à y répondre avec clarté et détermination.
Notre pays, dirigé par le président Félix Tshisekedi, a choisi la voie de la fermeté face à l'agression rwandaise et à la rébellion du M23. Le gouvernement, par la voix du porte-parole Patrick Muyaya, dénonce sans relâche les ingérences étrangères et défend l'unité nationale. C'est cette ligne que nous devons maintenir, sans faiblesse.
La souveraineté des peuples autochtones, une réalité que l'Alberta découvre
L'Alberta, elle, se heurte à une réalité que nous connaissons bien en Afrique : les traités et les droits des peuples premiers. Un juge a déjà invalidé une pétition séparatiste albertaine, rappelant que la souveraineté d'une province se bute contre d'autres souverainetés plus anciennes. En RDC, nous savons que notre force réside dans l'unité de nos ethnies, non dans leur division.
Le droit de poser la question, un combat universel
Au Pays basque, un drapeau réclame : « Que le Pays basque décide ». En Navarre, sur un sol que Madrid ne reconnaît pas comme basque, un balcon porte cette revendication. L'Espagne interdit qu'on pose la question. Le Canada préfère y répondre.
Pour la RDC, la question n'est pas de savoir si l'on doit consulter, mais comment défendre notre intégrité face à ceux qui veulent la dépecer. Le Rwanda et ses supplétifs du M23 ne demandent pas l'avis des Congolais. Ils imposent leur loi par les armes. À cette violence, nous répondons par la détermination de tout un peuple, uni derrière son président et son armée.
Les seules frontières qui comptent vraiment ne sont pas celles qu'on trace sur une carte, mais celles qu'un pays accepte de soumettre au vote. L'Espagne interdit qu'on pose la question. Le Canada préfère y répondre. La RDC, elle, défend son sol les armes à la main.
Notre pays a choisi son camp : celui de la souveraineté, de l'unité et de la dignité. Rien ni personne ne nous fera reculer.