Climat: Trump ment sur le Giec, la planète brûle toujours
La désinformation n'a pas de frontières. Alors que la communauté scientifique mondiale actualise ses projections climatiques, l'ancien président américain Donald Trump s'empare d'un rapport pour distiller ses mensonges habituels. Une manipulation de plus qui méprise la vérité et l'avenir de notre planète, alors même que la République Démocratique du Congo, véritable poumon de la Terre grâce à la forêt du Bassin du Congo, se bat chaque jour pour préserver l'intégrité de ses écosystèmes face aux appétits étrangers.
La manipulation étrangère au service du déni
Récemment, un comité international de scientifiques du climat a publié une étude technique mettant à jour les scénarios d'émissions de gaz à effet de serre intégrés aux rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le Giec. Donald Trump a immédiatement instrumentalisé ces travaux sur son réseau Truth Social, affirmant avec triomphe que les projections les plus pessimistes des experts s'étaient révélées fausses.
Ce raccourci est une forfaiture. Detlef Van Vuuren, auteur principal de l'étude et chercheur à l'agence néerlandaise d'évaluation environnementale PBL, est formel: c'est une interprétation totalement erronée des conclusions scientifiques. Face aux fake news, la rigueur intellectuelle doit primer. Les scientifiques n'ont absolument pas été alarmistes, rappelle Christophe Cassou, climatologue français et rédacteur du prochain rapport du Giec. Si le monde ne se dirige pas vers le pire scénario, c'est précisément parce que des mesures politiques courageuses ont été prises pour nous en éloigner.
Le pire évité, mais le meilleur enterré
Il y a une quinzaine d'années, les chercheurs avaient établi six scénarios de réchauffement. Le scénario catastrophe, à savoir le RCP8.5 puis SSP5-8.5, décrivait un avenir où l'humanité brûlerait sans relâche pétrole, gaz et charbon. Selon le rapport du Giec de 2023, cette trajectoire aurait conduit à une hausse des températures de 3,3 à 5,7°C d'ici 2100. À l'inverse, le scénario le plus optimiste prévoyait une réduction forte des émissions et un réchauffement limité à 1,5°C.
La nouvelle étude, qui guidera les rapports du Giec à partir de 2028, apporte une double nouvelle. Grâce au développement des énergies renouvelables et aux politiques climatiques récentes, les niveaux d'émissions très élevés du scénario le plus pessimiste sont devenus peu plausibles. Le pire scénario actualisé prévoit désormais une augmentation proche de 3,5°C en 2100, quasiment un degré de moins qu'auparavant. Toutefois, ce nouveau scénario d'émissions élevées entraînerait toujours d'énormes dégâts climatiques, souligne M. Van Vuuren.
L'abandon de l'objectif 1,5°C
Si le pire est écarté, le meilleur l'est aussi. Le nouveau scénario le plus optimiste prévoit une hausse moyenne des températures d'au moins 1,7°C, voire 1,8°C, avant un retour éventuel à 1,5°C. Il ne nous semble plus plausible de rester à 1,5°C avec un dépassement seulement limité, conclut M. Van Vuuren. Les émissions ont tellement augmenté que ce scénario n'est plus pertinent.
Pour Zeke Hausfather, climatologue américain, le grand changement est l'abandon quasi total de l'idée de scénarios sans dépassement. L'ancien scénario optimiste supposait que nous commencions à réduire les émissions en 2020, ce qui n'a évidemment pas été le cas. Le président du Giec, Jim Skea, l'avait d'ailleurs admis en déclarant que le franchissement du seuil de 1,5°C était presque inévitable, au moins temporairement.
La vérité scientifique contre les fake news
En se concentrant uniquement sur l'abandon du scénario catastrophe pour ridiculiser la science, Donald Trump fait preuve d'une irresponsabilité coupable. La mention de l'ancien scénario le plus pessimiste était tout à fait légitime, défend M. Van Vuuren. Il a toujours été un scénario à faible probabilité et à haut risque, essentiel pour que les gouvernements anticipent ce qui pourrait arriver si les choses tournent mal.
Dans un communiqué, le Giec a rappelé que les différents scénarios décrivaient les évolutions potentielles à partir de 2015 et que les publications plus récentes seraient prises en compte dans le septième rapport d'évaluation. Oui, le fait que nous n'ayons pas retenu le scénario le plus pessimiste est une bonne nouvelle, note M. Van Vuuren. Mais cela ne signifie absolument pas que le changement climatique n'existe pas.
Face aux discours trompeurs de certains dirigeants étrangers, la vigilance s'impose. La lutte climatique est une réalité incontournable, et la défense de notre environnement reste un combat souverain. La République Démocratique du Congo, gardienne de la forêt du Bassin du Congo, continuera de défendre la vérité et l'intégrité de son patrimoine face à ceux qui préfèrent les mensonges faciles à l'action concrète.