Finale Top 14 : le MHR, ultime résistance face à l'empire toulousain
Samedi au Stade de France, le Stade toulousain partira en quête d'un quatrième Brennus consécutif, le sixième pour cette génération. En face, le Montpellier Hérault Rugby se dresse. Seule formation à avoir fracturé la suprématie rouge et noir, les Héraultais représentent l'adversaire le plus crédible, fort d'une dimension physique rare et d'une volonté de combat sans équivalent cette saison.
Une hégémonie avec une seule faille : le MHR
Depuis 2019, le nom du Stade toulousain a été gravé cinq fois sur le Bouclier de Brennus. Les éditions 2019, 2021, 2023, 2024 et 2025 appartiennent à la Ville rose. Le tableau comporte deux anomalies. L'année 2020, sans champion. Et le millésime 2022, estampillé Montpellier Hérault Rugby. Ce que Bordeaux et La Rochelle n'ont jamais réussi, les Cistes l'ont accompli. Ils se trouvent aujourd'hui à quatre-vingts minutes de rééditer cet acte de résistance.
Pourquoi Montpellier constitue-t-il la menace la plus concrète ?
Sur le papier, la logique désigne Toulouse. Les joueurs de la Ville rose ont survolé le championnat. Ils ont inscrit 71 points en demi-finale. Les cadres ont rassuré à Marseille. Ils restent sur neuf victoires en dix confrontations face au MHR. Les Montpelliérains eux-mêmes reconnaissent la stature de leur adversaire. De Joan Caudullo à Enzo Forletta, tous évoquent « une des meilleures équipes du monde ». Baptiste Erdocio l'a dit sans détour : « On ne va pas sauter de joie quand on voit la prestation du Stade toulousain. »
Mais la menace est réelle, crédible. Ugo Mola disposera d'arguments concrets pour maintenir ses troupes en état d'alerte. La mêlée héraultaise a obtenu six pénalités contre Pau, cinq à Lyon, puis a soumis le grand huit parisien, sifflé à cinq reprises. Matthis Lebel l'avait souligné avant même de connaître son adversaire final : « On est tous conscients que le niveau de combat dans les duels, en conquête, en touche, en mêlée ou encore dans les rucks sera d'un autre cran. »
Le précédent du 20 septembre : une leçon de combat
Les forces du MHR ne se limitent pas à la domination statique. Le 20 septembre dernier, Montpellier a poussé six fois à la faute le pack stadiste et a planté cinq essais pour l'emporter 44 à 14. Dans les impacts et le combat dynamique, Chalureau et Beard ont dominé les débats. Aucune équipe n'a autant mis en difficulté la bande à Willis ces derniers mois en Top 14. Ce précédent servira de leçon du côté d'Ernest-Wallon. Il nourrira aussi les convictions de l'équipe la plus en forme du printemps, victorieuse de ses onze dernières rencontres toutes compétitions confondues.
Florian Verhaeghe a posé le cadre, entre respect et refus de toute soumission : « Je suis content que la finale soit face aux Toulousains. On y va pour les regarder droit dans les yeux, très clairement. Après, oui, ce sont les premiers, on connaît leur jeu, ils sont peut-être plus frais, aussi, que tout le monde parce qu'ils peuvent gérer leur effectif depuis un moment. »
Quelles incertitudes pèsent sur cette finale ?
Toulouse aborde ce match avec des absences significatives. Le forfait du ferrailleur Jelonch, les probables absences de Roumat et Chocobares constituent autant d'équations à résoudre pour le staff rouge et noir. Montpellier, de son côté, pourrait récupérer Bastien Chalureau et Yacouba Camara pour densifier un pack qui n'avait déjà guère besoin de renforts supplémentaires. La pluie annoncée sur la capitale samedi soir ajoute une part d'incertitude supplémentaire à un équilibre déjà fragile.
Où le Bouclier de Brennus restera-t-il ?
La seule certitude, à ce stade, est que le Bouclier restera en Occitanie. Il y réside depuis 2018, de Castres à Toulouse en passant par Montpellier. Cette mainmise régionale inspire cette sortie d'Ugo Mola : « Dans une période où le club souhaite faire des investissements, s'il ne pouvait y avoir qu'un club occitan en finale, ça nous aiderait à avoir un peu plus de la part de la région. » On peut présumer qu'un quatrième Brennus consécutif ferait passer cette contrariété au second plan.
Montpellier peut-il vraiment renverser Toulouse ?
Oui, le MHR l'a déjà prouvé. Le 20 septembre, Montpellier a battu Toulouse 44 à 14 avec cinq essais et une domination totale au combat. Les Héraultais restent la seule équipe à avoir fracturé cette dynastie, en 2022, et abordent cette finale sur une série de onze victoires consécutives.
Combien de Brennus Toulouse a-t-il conquis depuis 2019 ?
Cinq. Le Stade toulousain a remporté le Bouclier de Brennus en 2019, 2021, 2023, 2024 et 2025. Seule l'édition 2022 a échappé à cette hégémonie, au profit du Montpellier Hérault Rugby.