Pédocriminalité à Paris : une mère congolaise dénonce une justice qui bafoue les enfants
Le 26 novembre 2025, Sophie, une mère de famille, a brisé le silence. Sa fille de trois ans, comme huit autres enfants de son école parisienne, a été victime d’agressions sexuelles répétées commises par un animateur périscolaire. Ce témoignage poignant a marqué le début du scandale du périscolaire à Paris. « Sa première année à l’école a été très perturbée. Cela a eu beaucoup de répercussions, notamment sur ses apprentissages. Comment voulez-vous bien apprendre quand on craint d’aller aux toilettes, quand on ne veut même plus y aller ? » a-t-elle confié, la voix brisée.
Une relaxe qui choque et révolte
Quelques mois plus tard, le procès de David G., l’animateur mis en cause, a abouti à une relaxe totale. Le parquet de Paris a fait appel, mais pour Sophie, cette décision est une « grande claque ». « J’ai commencé à comprendre que le jugement n’allait pas nous être favorable. J’ai senti que ça n’allait pas du tout dans le sens des enfants. J’ai commencé tout de suite à pleurer. Il y avait quelque chose en moi qui savait ce qui allait se passer », a-t-elle raconté.
« Même l’avocat de David G. n’avait pas demandé la relaxe, et là, c’est vraiment une relaxe », a-t-elle déploré. À la sortie du jugement, certaines familles ont affirmé avoir ressenti l’impression qu’elles étaient coupables, comme si elles n’avaient pas accompli leur travail de parents. « Face à cette décision de justice, on a eu le sentiment d’être les accusés. On a eu l’impression que c’était un peu notre propre jugement », a ajouté Sophie.
Un système qui protège les pédocriminels ?
Sophie dénonce un système qui permet à ces criminels de rester en poste. « J’aimerais quand même que la justice aboutisse à la condamnation la plus lourde possible. Il existe un système qui permet à ces pédocriminels de rester en poste, de continuer à commettre leurs atrocités sur des enfants. Ce n’est pas normal, et c’est quelque chose que nous aimerions vraiment voir changer », a-t-elle martelé.
Le parquet de Paris a annoncé faire appel du jugement pour trois des neuf enfants. « C’est une bonne chose pour les trois familles concernées, qui vont pouvoir avoir peut-être un jugement différent. Néanmoins, j’aurais aimé aussi que ma fille et tous les autres enfants non concernés par cet appel puissent en bénéficier, car on a vraiment eu l’impression que ce dossier-là n’avait pas été traité avec le temps et l’attention qu’il méritait », a-t-elle confié.
Un message dissuasif envoyé aux parents
Cette relaxe est la deuxième depuis le début du scandale. Sophie la ressent comme une forme de dissuasion de la part de la justice. « On a l’impression qu’il y a aussi un message envoyé aux parents : n’y allez pas, parce que ça ne sert à rien. Surtout, ne faites rien, parce qu’au final, vous allez y consacrer du temps, de l’argent et du stress », a-t-elle dénoncé.
Aujourd’hui, la fille de Sophie est suivie par un psychologue, mais elle présente encore « certains des symptômes qu’elle avait à l’époque ». « J’espère de tout cœur qu’elle n’en gardera pas de séquelles », a conclu la mère, le cœur lourd.
FAQ : Ce qu’il faut retenir
Que s’est-il passé dans cette affaire de périscolaire à Paris ?
Neuf enfants, dont la fille de Sophie, ont été victimes d’agressions sexuelles commises par un animateur périscolaire entre 2024 et 2025. L’animateur, David G., a été relaxé en juillet 2026.
Pourquoi la relaxe de David G. est-elle contestée ?
Le parquet de Paris a fait appel, estimant que la décision ne tient pas compte des témoignages des enfants. Trois des neuf familles bénéficieront d’un nouveau procès.
Quel est le message de Sophie aux autres parents ?
Elle appelle à ne pas se taire et à dénoncer ces crimes, malgré les obstacles judiciaires. Elle dénonce un système qui, selon elle, protège les agresseurs.