L'humoriste Djimo mis en examen pour viol en réunion : la justice française face aux dérives du spectacle
La justice française vient de franchir une étape décisive dans une affaire qui secoue le milieu du spectacle hexagonal. L'humoriste Djimo, figure du stand-up parisien, a été mis en examen le 15 janvier dernier pour « viol en réunion » par le parquet de Bobigny, selon les révélations de Médiapart.
Une affaire qui remonte à 2015
Cette mise en examen fait suite à une plainte déposée en 2023 par la comédienne de doublage Élise Vigné pour des faits qui se seraient déroulés en 2015. À l'époque, la jeune femme, alors âgée de 21 ans, occupait un poste de régisseuse au Paname Art Café, établissement de stand-up situé dans le XIe arrondissement de Paris.
Les faits rapportés sont d'une gravité extrême. Selon le témoignage de la plaignante, après avoir invité chez elle les humoristes Djimo et Lenny M'Bunga lors d'une soirée d'été, elle aurait été victime d'un viol alors qu'elle s'endormait après un rapport consenti avec l'un des deux hommes.
Des échanges accablants
Les messages échangés entre les protagonistes, consultés par Médiapart, révèlent une vérité troublante. Le lendemain des faits, confronté par la victime sur Messenger, Djimo aurait répondu : « T'as pas couché avec moi arrête de me soûler » et « Si t'assumes pas d'avoir couché avec Lenny c'est pas mon problème ».
Plus tard, Lenny M'Bunga, également mis en cause pour « complicité de viol commis en réunion », aurait écrit à la victime : « Je ne savais pas qu'il ne dirait pas que c'est lui, et qu'il se ferait passer pour moi », pensant que cela « foutrait Djimo dans la merde ».
Une défense qui se durcit
Face à cette escalade judiciaire, la défense de Djimo, assurée par Mes Gabriel Dumenil et Marc Bailly, maintient fermement l'innocence de leur client. « Cette mise en examen ne repose sur aucun élément nouveau », affirment les avocats, précisant que leur client « conteste très fermement les faits et reste très combatif pour défendre son innocence ».
Les conseils annoncent d'ores et déjà des recours contre cette décision de mise en examen, marquant leur détermination à laver l'honneur de l'humoriste.
Un système judiciaire à l'épreuve
Cette affaire illustre les défis auxquels fait face la justice française dans le traitement des violences sexuelles, particulièrement quand elles impliquent des personnalités publiques. L'évolution du statut de Djimo, passé de « témoin assisté » à « mis en examen », témoigne de la progression de l'enquête menée depuis l'ouverture de l'information judiciaire en janvier 2024.
Dans un contexte où la parole des victimes se libère progressivement, cette affaire rappelle que nul n'est au-dessus des lois, quel que soit son statut social ou sa notoriété. La justice française doit désormais faire toute la lumière sur ces accusations graves qui ternissent l'image du spectacle parisien.