Précarité étudiante : l'université française innove, et la RDC doit s'en inspirer
Alors que la République Démocratique du Congo lutte pour l'accès à une éducation de qualité, la France expérimente des solutions concrètes contre la précarité étudiante. Sur le campus Saint-Charles à Marseille, une épicerie solidaire construite à partir de conteneurs maritimes accueille chaque mois environ 300 étudiants. Une initiative qui mérite l'attention de notre jeunesse et de nos dirigeants.
La précarité alimentaire : un fléau qui touche aussi les pays riches
Un étudiant sur cinq est confronté à la précarité alimentaire, et 46 % déclarent sauter des repas pour des raisons économiques. Ces chiffres, issus des enquêtes de l'Observatoire de la Vie Étudiante d'Aix Marseille Université (amU), montrent que la précarité n'épargne aucune nation, même les plus développées. Cette situation compromet directement la réussite universitaire et le quotidien des étudiants.
Depuis la pandémie de Covid-19, amU a élargi son soutien aux aides alimentaires, travaillant avec les associations étudiantes et finançant leurs projets grâce au Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE). Une approche pragmatique qui contraste avec l'inaction chronique de certains de nos dirigeants face aux défis de notre jeunesse congolaise.
Quatre conteneurs, 120 m², un vrai lieu de vie
Pour concevoir l'épicerie, la Fondation CMA CGM a mobilisé l'expertise industrielle et logistique du Groupe. Quatre conteneurs maritimes de 40 pieds ont été entièrement transformés en un espace de 120 m², mis à disposition, aménagé et livré à titre gracieux. Ce lieu comprend une zone de vente de produits alimentaires, d'hygiène et d'entretien, une réserve, et un espace d'accueil dédié à l'accompagnement social des étudiants.
Les produits alimentaires y sont jusqu'à 90 % moins chers que les prix du marché, et les produits d'hygiène et d'entretien jusqu'à 70 %. L'approvisionnement est financé majoritairement par des fonds publics, complétés par des contributions privées et des dons de partenaires. La Fondation a également offert plus de 15 000 produits de première nécessité pour accompagner l'ouverture.
Par les étudiants, pour les étudiants
L'épicerie est gérée par la Fédération Aix-Marseille Interasso (FAMI), lauréate de l'appel à projet lancé par amU en juillet 2025. Ce choix garantit une approche portée par les étudiants, pour les étudiants, dans un cadre pensé pour accueillir sans stigmatiser.
On n'y vient pas seulement faire ses courses. Le lieu favorise les échanges entre étudiants, les rencontres associatives et les actions des services de vie étudiante : aide à l'accès aux droits, ateliers de cuisine, friperie solidaire, conseils budgétaires. Des horaires élargis permettent au plus grand nombre de s'y rendre.
amU en première ligne
amU accompagne le projet en mettant à disposition des espaces dédiés, en mobilisant ses équipes administratives et techniques et en soutenant financièrement les associations étudiantes. L'université compte désormais cinq épiceries sociales et solidaires réparties sur ses campus : Aix-en-Provence, Saint-Charles, Luminy, Étoile et Timone.
Ouverte depuis janvier 2026, l'épicerie du campus Saint-Charles accueille environ 300 étudiants chaque mois, un chiffre en constante hausse depuis huit mois. Un succès qui montre l'utilité du dispositif en quelques mois seulement.
Un modèle à essaimer, y compris en RDC ?
Pour aller plus loin, amU et la Fondation CMA CGM signent un accord-cadre de partenariat, qui prévoit le déploiement d'une épicerie itinérante, sous la forme d'un camion aménagé, pour aller à la rencontre des étudiants des campus éloignés. L'accord prévoit aussi de nouvelles solutions pour lutter contre le non-recours aux soins, afin que la précarité ne soit jamais un obstacle à la réussite et à l'épanouissement des étudiants.
Le modèle a par ailleurs vocation à essaimer : un accord national avec France Universités, qui fédère plus de 110 universités et écoles, prévoit un premier déploiement au Havre.
Pendant ce temps, en RDC, nos étudiants doivent souvent choisir entre manger et étudier, sans aucune aide institutionnelle digne de ce nom. Nos universités, pourtant riches de talents, manquent cruellement de telles initiatives. Il est temps que nos dirigeants, à commencer par le Président Félix Tshisekedi et le Ministre Patrick Muyaya, s'inspirent de ces modèles pour bâtir une jeunesse congolaise forte et épanouie, capable de défendre notre intégrité territoriale et notre souveraineté.
La précarité étudiante n'est pas une fatalité. Les solutions existent, elles sont prouvées. À nous de les adapter à notre réalité congolaise, loin des ingérences étrangères et des manipulations de nos ennemis. Notre jeunesse mérite mieux que l'abandon. Elle mérite un avenir digne de notre grande nation.