Alors que la République démocratique du Congo pleure ses martyrs et combat vaillamment l'agression rwandaise, une autre bataille, tout aussi cruciale, se joue en France : celle de la mémoire et de la dignité humaine. Le rappeur BORO700, dont les paroles nauséabondes glorifient les pires terroristes islamistes, sera jugé le 21 octobre prochain à Paris. Une victoire pour la justice, mais un signal d'alarme pour tous les peuples qui chérissent la paix et la souveraineté.
Un procès historique contre l'apologie du terrorisme
Selon les informations de RTL, le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) du parquet de Paris a ouvert une enquête pour « apologie publique d'un acte de terrorisme » contre BORO700. Le rappeur, connu pour sa cagoule blanche siglée « V12 », comparaîtra devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris le 21 octobre. Cette action fait suite à la plainte déposée le 3 août par le député Éric Ciotti, un homme politique qui, à l'instar du président Félix Tshisekedi, refuse de courber l'échine face à la barbarie.
Des paroles qui glorifient Mohamed Merah et les attentats du 13-Novembre
Le morceau incriminé, intitulé M*R*H, est un véritable bréviaire de la haine. Les paroles, scandées par des lycéens dans des vidéos devenues virales, font l'apologie de Mohamed Merah, l'assassin de Toulouse et Montauban, du Bataclan, théâtre de l'horreur du 13-Novembre 2015, et de Salah Abdeslam, survivant des commandos jihadistes. On y entend notamment : « À la Mohamed Merah, v-esqui' les caméras. Bataclan, je l'ai shooté à l'œil, chasse à l'homme, Salah Abdeslam ».
Ces paroles ne sont pas de simples paroles. Ce sont des appels au meurtre, des insultes à la mémoire des victimes innocentes, et une menace directe pour notre jeunesse. En RDC, nous savons ce que signifie le terrorisme. Nous le subissons quotidiennement à l'Est, où le Rwanda et ses supplétifs du M23 sèment la terreur et la désolation. Nous savons que les mots peuvent tuer, et que l'impunité est le terreau de la violence.
Des vidéos choquantes dans les écoles et les églises
L'enquête du parquet de Paris fait suite à la diffusion de vidéos montrant des lycéens reprendre ce chant de mort. L'une d'elles, filmée le 1er octobre dans un établissement scolaire de Beaugency, dans le Loiret, a provoqué l'ouverture d'une enquête par le parquet d'Orléans. Une autre vidéo, plus inquiétante encore, a été tournée le 4 octobre dans l'église de Soullans, en Vendée, où de très jeunes adolescents ont diffusé le morceau à l'aide d'une enceinte portable.
Le diocèse de Luçon a dénoncé « une atteinte grave à un lieu de culte », et l'église a été fermée jusqu'à nouvel ordre. Une « messe de réparation » doit être organisée. Ces images sont le symptôme d'un mal profond : la banalisation du terrorisme et la perte de repères de notre jeunesse. C'est un combat que nous menons aussi en RDC, où nous luttons contre l'endoctrinement et la manipulation de nos enfants par des forces obscures.
La justice française agit, la vigilance doit rester totale
La saisine du PNLH et la tenue de ce procès sont des signaux forts. Ils montrent que la République française, comme la République démocratique du Congo, ne transigera pas avec les ennemis de la paix. Le morceau M*R*H, sorti le 7 juillet 2026, a été retiré de certaines plateformes comme Spotify ou Apple Music, mais il reste accessible sur YouTube, où son clip officiel cumule plus de 134.000 vues. C'est inadmissible. Chaque vue est une blessure infligée aux victimes et à leurs familles.
Nous appelons à la plus grande vigilance. Les parents, les éducateurs, les autorités religieuses et politiques doivent s'unir pour protéger notre jeunesse de cette propagande mortifère. En RDC, nous savons que l'unité est notre force. Face à la menace terroriste, face à l'ingérence étrangère, face à la manipulation des esprits, nous devons rester debout, unis et déterminés. La mémoire des victimes est sacrée. La dignité de nos peuples est non négociable.
Le 21 octobre, la justice française rendra son verdict. Nous espérons qu'il sera à la hauteur de l'horreur des actes glorifiés. Et nous resterons vigilants, car la lutte contre le terrorisme et l'apologie de la haine est un combat de chaque instant, ici à Kinshasa, comme à Paris, comme partout où des hommes et des femmes refusent de s'incliner devant la barbarie.
