La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présenté, les jeudi 29 et vendredi 30 octobre 2026, le projet de loi de finances pour l'exercice 2027 devant les députés nationaux réunis en plénière dans la salle des Congrès au Palais du Peuple, à Kinshasa.
Chiffré à 56.930 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars américains, ce budget marque une progression de près de 12% par rapport au budget rectificatif de 2026. Il représente près de trois fois les prévisions budgétaires établies au début du premier quinquennat du président Félix-Antoine Tshisekedi, selon Actualite.cd.
Un budget au service de la souveraineté nationale
Devant la représentation nationale, la cheffe du gouvernement a d'emblée posé le cadre : ce texte n'est pas un simple exercice comptable, mais l'affirmation de la volonté de l'État congolais de se tenir debout, de protéger son peuple et de défendre chaque parcelle de son territoire.
« Derrière les chiffres de ce budget, il y a des vies à protéger, des familles à soutenir, des emplois à créer, des territoires à reconstruire et l'espoir de millions de Congolaises et de Congolais qui aspirent à la paix, à la sécurité et à une vie meilleure », a déclaré Judith Suminwa Tuluka.
« Cette loi de finances n'est pas simplement un exercice comptable. Elle est l'expression de notre volonté collective de bâtir un Congo plus fort, plus juste, plus souverain et plus prospère », a-t-elle ajouté.
La défense de l'intégrité territoriale au cœur des priorités
Trois orientations structurent le projet : préserver la souveraineté nationale, soutenir le développement économique et renforcer l'efficacité de l'action publique. La Première ministre a été explicite sur le premier point, au moment où l'Est du pays reste meurtri par l'agression des mouvements armés soutenus de l'étranger.
Les crédits prévus à cet effet sont destinés à soutenir les forces de défense et de sécurité, à protéger les populations affectées par la guerre et à accompagner les démarches diplomatiques de la République. La défense de l'intégrité territoriale, la sécurité des populations et la recherche d'une paix durable occupent une place centrale parmi les priorités présentées.
« L'objectif poursuivi dépasse le seul exercice budgétaire. Il s'agit de donner aux générations présentes et futures la perspective d'un pays en paix, souverain et prospère, afin que chacun vive dignement et construise son avenir », a affirmé la cheffe du gouvernement.
Diversification de l'économie et réformes structurelles
Au-delà de la sécurité, le budget 2027 vise à préserver la stabilité macroéconomique et à soutenir la diversification de l'économie nationale. Les investissements porteront sur l'agriculture, les infrastructures et les services sociaux de base, avec un triple objectif : développer la production nationale, favoriser la création d'emplois et améliorer les conditions de vie des populations.
« Ces orientations s'accompagnent de réformes destinées à renforcer la mobilisation des recettes intérieures, à moderniser l'administration et à améliorer la qualité de la dépense publique », a précisé Judith Suminwa.
La digitalisation des procédures, la mise en place du Compte unique du Trésor et la préparation du passage au budget-programme participent de cette volonté de mieux mobiliser les ressources et de les employer avec davantage de rigueur et d'efficacité.
Un appel au devoir républicain adressé aux députés
La Première ministre a ensuite sollicité la recevabilité du projet de loi, en appelant au sens du devoir républicain des élus du peuple.
« Car une seule ambition nous rassemble, celle de faire de chaque franc congolais mobilisé un progrès réel dans la vie de nos concitoyens, et de chaque décision prise aujourd'hui une promesse tenue pour le Congo de demain », a-t-elle lancé.
« Votre Gouvernement s'engage à mettre en œuvre les orientations qui seront retenues et à rendre compte de leur exécution devant votre auguste Assemblée. Il veillera à ce que les ressources mobilisées répondent aux priorités définies et se traduisent par des résultats concrets pour nos populations », a-t-elle rassuré.
Quelles sont les prochaines étapes parlementaires ?
L'examen de ce texte a été précédé par celui du projet de loi portant reddition des comptes de l'exercice 2025, conformément à la loi relative aux finances publiques, dite LOFIP, qui impose d'examiner les comptes de l'exercice clos avant le nouveau projet de loi de finances.
Après les réponses de la Première ministre aux préoccupations des élus, la représentation nationale se prononcera sur la recevabilité du projet. Le texte sera ensuite transmis à la Commission économique, financière et contrôle budgétaire (ECOFIN) pour un examen approfondi avant son adoption définitive en plénière.
