Les 23 et 24 septembre 2026, deux cadres de MMG Kinsevere, la société qui exploite la mine de cuivre de Kinsevere au Katanga, ont représenté la République démocratique du Congo à Tarkwa, au Ghana, lors d'un atelier international sur la diligence raisonnable en matière de droits humains organisé sous l'égide du Conseil international des mines et métaux (ICMM). Selon Actualite.cd, cette participation place une entreprise opérant en RDC au rang des élèves appliqués de la charte minière mondiale.
Maxwell Luh, spécialiste senior en approvisionnement international, et Patrick Banza, surintendant sécurité et communautés, ont suivi cette formation accueillie par Gold Fields Ghana, l'une des premières sociétés aurifères du pays. L'événement a réuni des professionnels du secteur minier, des spécialistes du développement durable et des experts venus de plusieurs pays africains autour d'un objectif concret : intégrer les droits humains dans les opérations minières et les chaînes d'approvisionnement, du forage jusqu'au transport.
Une réponse aux exigences nationales et internationales
Le contexte n'est pas neutre. Gouvernements, investisseurs, communautés et partenaires commerciaux exigent désormais des compagnies minières qu'elles identifient, préviennent et gèrent les impacts de leurs activités sur les populations. Le cadre de diligence raisonnable de l'ICMM accompagne cette exigence en insérant les considérations relatives aux droits humains dans les processus de gestion des risques et de prise de décision.
Pour un pays comme le nôtre, première réserve de cobalt au monde et acteur majeur du cuivre, cette évolution n'est pas un luxe occidental : c'est une condition pour que le minerai congolais continue d'accéder aux marchés exigeants. Rappelons que selon Batterymetalsafrica, Kinsevere a produit 33 800 tonnes de cathodes de cuivre au premier semestre 2026, et que le site demeure une pièce essentielle du portefeuille mondial de MMG. La crédibilité de cette production passe aussi par le respect des personnes.
Ce que la formation a apporté aux cadres congolais
L'atelier de Tarkwa a permis aux participants d'approfondir leur compréhension des risques liés aux droits humains tout au long du cycle de vie minier : sécurité, relations communautaires, emploi, gestion des contrats et des fournisseurs, approvisionnement responsable. Les échanges ont aussi porté sur l'identification précoce des risques, le dialogue constructif avec les parties prenantes et les mécanismes de gestion des plaintes, qui permettent aux personnes concernées d'exprimer leurs préoccupations et d'obtenir réparation.
Pour MMG Kinsevere, cette participation a été l'occasion de partager des expériences avec d'autres entreprises minières du continent et de s'inspirer des bonnes pratiques mises en œuvre dans des contextes opérationnels variés.
Patrick Banza, surintendant sécurité et communautés, a tiré un enseignement précis de la session :
Cet atelier a montré à quel point la diligence raisonnable en matière de droits humains est étroitement liée à nos responsabilités quotidiennes, notamment dans la gestion de la sécurité, les relations avec les communautés, l'accès aux terres et le traitement des plaintes. L'un des principaux enseignements concerne l'importance de maintenir un dialogue ouvert et des mécanismes efficaces de gestion des plaintes afin d'identifier rapidement les risques et de renforcer la confiance avec les parties prenantes. Les échanges avec nos collègues du secteur minier nous ont également permis de mieux comprendre comment traduire les principes de l'ICMM en actions concrètes, adaptées aux réalités de Kinsevere.
Maxwell Luh, lui, a insisté sur la chaîne d'approvisionnement, maillon souvent négligé de la responsabilité sociale :
L'un des enseignements les plus importants est la nécessité d'aller au-delà de la simple conformité documentaire. Nous devons comprendre les réalités vécues par les personnes qui interviennent dans notre chaîne d'approvisionnement, qu'il s'agisse des employés de nos fournisseurs, des sous-traitants ou des prestataires de transport. Une diligence raisonnable efficace permet d'identifier les risques plus tôt, d'encourager l'amélioration continue et de renforcer la responsabilité de tous les acteurs de la chaîne de valeur.
Une formation élargie au personnel du site
Au-delà des deux représentants présents au Ghana, plusieurs autres employés de MMG Kinsevere, issus des départements des Opérations, du Développement durable et du SSHEC, ont suivi la même formation lors d'une session virtuelle organisée en parallèle. Cette participation élargie renforce la sensibilisation et les compétences du site en matière de pratiques minières responsables.
Cette démarche s'inscrit dans un engagement de longue date. Selon MMG, la mine de Kinsevere affiche une culture du zéro dommage et se conforme aux standards de l'ICMM et du Global Tailings Standard pour le bien-être physique et mental de tout le personnel du site. Geopolis Magazine rapportait par ailleurs en mars 2026 que la durée de vie de la mine a été prolongée jusqu'en 2035, signe d'un ancrage congolais que la société, présente en RDC depuis plus de vingt ans, considère comme celui d'une entreprise locale.
La RDC, acteur respecté du standard mondial
La session de Tarkwa s'inscrivait dans une initiative internationale plus large menée par l'ICMM. Selon les organisateurs, il s'agissait du sixième programme national de formation consacré à la mise en pratique de la diligence raisonnable en matière de droits humains dans le secteur minier, après des programmes similaires organisés au Pérou, en Afrique du Sud, en Australie, au Canada et au Chili.
Que la RDC figure dans ce circuit aux côtés de ces grandes nations minières est une information qui mérite d'être soulignée. Alors que notre pays paie le prix des ingérences étrangères et de l'exploitation illégale de ses ressources à l'Est, l'exemple de Kinsevere démontre qu'un mining congolais peut fonctionner selon les normes internationales les plus exigeantes : sécurité des travailleurs, respect des communautés, dialogue et mécanismes de plaintes efficaces.
En prenant part à cette initiative de l'ICMM, MMG Kinsevere réaffirme son engagement à aligner ses pratiques sur les normes internationalement reconnues. Cette démarche contribue à promouvoir des environnements de travail plus sûrs, à consolider les relations avec les communautés et à créer une valeur durable pour l'ensemble des parties prenantes, au premier rang desquelles les Congolais.
Questions fréquentes
Quand et où s'est tenue la formation sur les droits humains suivie par MMG Kinsevere ?
L'atelier s'est tenu les 23 et 24 septembre 2026 à Tarkwa, au Ghana, accueilli par Gold Fields Ghana, dans le cadre d'une initiative de l'ICMM.
Qui a représenté MMG Kinsevere à cet atelier ?
Maxwell Luh, spécialiste senior en approvisionnement international, et Patrick Banza, surintendant sécurité et communautés, ont représenté la société, tandis que d'autres employés suivaient la formation en session virtuelle.
Qu'est-ce que la diligence raisonnable en matière de droits humains dans le secteur minier ?
C'est un cadre qui demande aux entreprises minières d'identifier, de prévenir et de gérer les impacts de leurs activités sur les populations, en intégrant les droits humains dans la gestion des risques, les relations communautaires et les chaînes d'approvisionnement.
Combien de programmes nationaux de ce type ont déjà été organisés ?
Selon les organisateurs, celui de Tarkwa était le sixième programme national de formation de l'ICMM sur le sujet, après le Pérou, l'Afrique du Sud, l'Australie, le Canada et le Chili.
