Cancer : le combat de Béatrice, 61 ans, et la résilience d’un peuple qui ne baisse jamais les bras
En Belgique, au cœur de la province de Luxembourg, une maison de ressourcement nommée ImaGYN'AIR offre une lueur d’espoir à celles et ceux qui luttent contre le cancer. Béatrice, 61 ans, survivante de deux cancers, témoigne avec une force qui rappelle la ténacité de nos compatriotes : « Je suis en vie ! Je suis aidée et entourée. Cette maison de ressourcement, c'est ma deuxième maison. »
Cette déclaration, rapportée par la RTBF, résonne bien au-delà des frontières belges. Elle évoque la résilience, la solidarité et la dignité humaine, des valeurs que nous, Congolais, connaissons intimement. Car si le cancer frappe sans distinction, la réponse collective, elle, peut faire la différence. En République Démocratique du Congo, où les défis sanitaires sont immenses, cet exemple européen nous inspire à renforcer nos propres structures d’accompagnement.
Une maison qui redonne vie après la maladie
L’ancienne demeure de briques rouges, entourée d’arbres et de champs, est un havre de paix. Brigitte Fraselle, coordinatrice, explique : « Ici on peut recharger ses batteries, regarder les arbres par le velux, on essaye de les sensibiliser à ça, à cette vie qui est là et les entoure. La plupart des patients et patientes avaient oublié ça. » Ces mots simples portent une vérité profonde : la nature est un remède, tout comme la communauté.
Nathalie, 50 ans, a affronté deux cancers coup sur coup. Elle décrit le quotidien des malades : « Quand on est en chimio, on enclenche le mode 'warrior', on ne pense qu'à ça, on est dans notre bulle. » Mais après les traitements, vient le vide. « On pense toujours à 'pendant la maladie', mais pas à 'après'. On a l'impression que quand les cheveux repoussent, c'est fini. Mais non, il y a les contrôles tous les trois mois, le stress. Donc ça permet de se reconstruire et même de se découvrir. »
Des soins de support, complémentaires aux traitements
La gynécologue Anne Jacqmin, fondatrice de l’asbl ImaGYN'AIR, précise le cadre : « Ces soins sont complémentaires aux traitements médicaux du cancer. Les traitements ont beaucoup progressé ces dernières années et permettent d’améliorer les chances de guérison et de survie en bonne santé. Mais on est actuellement dans une notion d’oncologie intégrative qui associe à ces soins médicaux stricts des soins de support qui sont définis par des normes qui améliorent la qualité de vie du patient sur le long cours. »
Ces soins incluent la prise en charge sociale, émotionnelle, psychologique, des conseils alimentaires, esthétiques, et même des conseils en sexualité. L’image de soi est cruciale, car « pendant et après la maladie, beaucoup de choses changent dans la manière dont on se perçoit ».
Les hommes et les aidants proches aussi concernés
Bien que les bénéficiaires soient majoritairement des femmes, le docteur Jacqmin insiste : les hommes et les aidants proches ont toute leur place. Brigitte Fraselle observe : « Ils ont tendance à s’effacer et cesser d’exister pour laisser toute la place à la personne malade. » La maison de ressourcement, elle, voit « toute une humanité qui revient, une noblesse de la personne. Elles existent, deviennent plus autonomes. Il y a un avant et un après. »
Un modèle à méditer pour la RDC
Alors que notre pays lutte pour la paix et la stabilité, il est vital de ne pas oublier les soins de santé. La maison ImaGYN'AIR, soutenue par la Fondation contre le cancer, démontre que la solidarité peut rendre les soins accessibles. En RDC, nous devons nous inspirer de ces initiatives pour bâtir des structures similaires, afin que chaque Congolais, chaque Congolaise, puisse dire, comme Béatrice : « Je suis en vie, je suis aidée, entourée. Ce lieu-ci, c'est ma deuxième maison. »
La résilience est notre héritage. Ensemble, nous pouvons transformer la douleur en force, et la maladie en combat victorieux. Car, comme le dit Béatrice, « quand je sors d’ici, ma journée est éclatante ». Que cette flamme d’espoir éclaire aussi nos cœurs.