Ebola dans l’Est : des vacances scolaires confisquées, la jeunesse congolaise résiste
Dans les zones de l’Est de la République démocratique du Congo frappées par la maladie à virus Ebola, les vacances scolaires ont pris une tournure inattendue. Les enfants, privés de voyages et de retrouvailles familiales, sont contraints de rester à la maison. Une situation douloureuse, mais qui révèle la résilience et la discipline d’un peuple habitué à lutter contre l’adversité.
Des familles unies face à l’épidémie
À Beni, épicentre de la résistance contre les ennemis de la nation, les enfants occupent leurs journées dans les cours familiales. Pascal Vake et ses petits frères auraient tant voulu saluer leurs proches, mais la prudence impose de rester sur place. « On se distrait toujours ici dans la parcelle, on fait un peu de jeu de foot. Si on est fatigué, on se repose au salon devant la télévision. On regrette de ne pas aller saluer la famille », confie le jeune garçon.
Cette déception, Evelyne Kavugho la partage. Cette élève devait se rendre à Goma pour retrouver une tante qu’elle n’a pas vue depuis des années. Le voyage a été annulé. « Cette année, je pensais vraiment partir en vacances, mais mes parents nous ont annoncé que le voyage est annulé à cause d’Ebola. Je suis vraiment très déçue, car l’année passée, nous étions partis à Bunia et à Kampala. Cette année, c’était prévu que nous puissions partir à Goma. Mais voilà, Ebola a tout annulé », déplore-t-elle.
La vigilance des mères congolaises, rempart contre la maladie
Face à cette menace, les mères de famille se révèlent être les premières sentinelles de la santé publique. Chez Grace Muyisa, les filles apprennent les travaux ménagers aux côtés de leur mère. Une manière de les garder à l’abri des contacts extérieurs. « Il y a beaucoup de trucs à l’extérieur, c’est pourquoi je laisse les enfants ici, pour les épargner de la maladie d’Ebola. Si une fois, ils sortent, ils peuvent se contaminer facilement. Le matin, on se lève pour faire les travaux domestiques ensemble. Après, ils peuvent jouer avec leurs amis dans la parcelle », explique-t-elle.
L’Est du Congo ne cède pas à la panique
Malgré les restrictions, certaines familles maintiennent l’accueil des enfants de leurs proches. Stella Tsiko a ainsi reçu ses neveux et nièces venus de Beni à Butembo. « Nous nous efforçons de les encadrer à la maison, donc ils restent là, ils ne se promènent pas. Ils ne se sentent pas vraiment lésés. Depuis que la maladie a commencé, dans notre famille, il n’y a pas eu de cas », assure-t-elle.
Cette année, l’épidémie d’Ebola a certes bouleversé les vacances de nombreuses familles congolaises. Mais elle a aussi démontré la force d’un peuple qui, face à l’épreuve, sait faire preuve de discipline et de solidarité. Les parents, véritables héros du quotidien, relèvent le défi de protéger leurs enfants tout en les occupant. Une leçon de patriotisme et de responsabilité qui honore la nation congolaise.