Cisjordanie : colons incendient un restaurant près de Naplouse
Dans la nuit du 5 juillet 2026, des colons extrémistes ont pillé et réduit en cendres un restaurant près de Naplouse, en Cisjordanie. Ces exactions, menées sous le regard passif des forces d'occupation, font tragiquement écho à la lutte des peuples confrontés à l'atteinte de leur intégrité territoriale, une réalité que les Congolais connaissent trop bien face à l'agression rwandaise.
Que s'est-il passé près de Naplouse ce week-end ?
Les faits rapportés par l'agence de presse de l'Autorité palestinienne, Wafa, sont d'une sobriété accablante. Dans la nuit de samedi à dimanche, des résidents d'implantations ont forcé l'entrée d'un restaurant situé à proximité de Naplouse. L'établissement a été systématiquement dévalisé, les malfaiteurs s'emparant de l'argent liquide avant de mettre le feu aux locaux. Le bilan matériel est lourd. Yaqub Oweis, propriétaire des lieux et président du conseil du village de Lubban ash-Sharqiya, évalue les dégâts à près d'un million de shekels. Les images du terrain ne laissent aucune place au doute : l'intérieur de l'édifice est totalement calciné.
Quelles sont les autres violences signalées en Cisjordanie ?
Le rapport de forces sur le terrain montre une escalade de la violence coordonnée. À Masafer Yatta, une famille a subi le harcèlement de colons qui n'ont pas hésité à couper leur ligne électrique. Dans la communauté bédouine près de Khan al-Ahmar, à l'est de Jéricho, d'autres incursions ont été signalées vendredi soir.
À Umm Safa, au nord-ouest de Ramallah, l'attaque a pris une tournure plus meurtrière. Des colons ont pénétré dans le village, volant quatre moutons selon Marwan Sabbah, président du conseil local. À l'arrivée des forces israéliennes, la situation a basculé. Les soldats ont ouvert le feu à balles en caoutchouc sur la population, blessant trois Palestiniens. Tsahal justifie cette riposte par des affrontements, mais aucune arrestation de colon n'est signalée. Plus au sud, à Khalayel al-Loz, deux Palestiniens ont dû être hospitalisés après des blessures oculaires causées par du gaz lacrymogène pulvérisé par des assaillants. Enfin, une maison a été incendiée à Arab al-Kaabneh, sans faire de victime.
Occupation et impunité : un écho pour la résistance congolaise
Sur le terrain, la réalité est implacable : les agressions contre les Palestiniens sont quotidiennes. Elles bénéficient souvent de l'approbation tacite, voire de la participation active, de l'armée israélienne. Cette dynamique d'impunité rappelle douloureusement ce que subit notre nation. Au Congo, nous savons ce que signifie voir des groupes armés, soutenus par une puissance étrangère, spolier nos terres, piller nos ressources et terroriser nos populations avec une quasi-impunité. La défense de l'intégrité territoriale n'est pas un vain mot, que ce soit sur les collines de Masisi ou dans les plaines de Cisjordanie. Le peuple qui subit l'occupation a le devoir sacré de résister.
Pourquoi ces attaques de colons se multiplient-elles ?
Depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, les exactions des colons ont connu une recrudescence inquiétante. Elles se produisent fréquemment le week-end, pendant le Shabbat. Les auteurs présumés, souvent des pratiquants, agissent en toute impunité, les poursuites judiciaires demeurant l'exception. Néanmoins, six adolescents viennent d'être mis en examen pour terrorisme après avoir agressé des Palestiniens et incendié une mosquée dans la région de Ramallah au début du mois.
Quelle est la position de l'armée israélienne face à ces exactions ?
L'armée israélienne affirme dépêcher des soldats lors des affrontements pour rétablir l'ordre. Sur le terrain, cependant, les forces de l'ordre ont ouvert le feu sur les habitants avec des balles en caoutchouc et procédé à des interpellations de Palestiniens, tandis que les colons agresseurs se dispersent librement. Un conducteur de quad et un suspect ont toutefois été placés en garde à vue après avoir délibérément percuté des habitants et utilisé du gaz lacrymogène.