Le président Félix-Antoine Tshisekedi a déclaré, samedi 25 octobre, devant les parlementaires de l'Union sacrée de la Nation (USN), qu'il n'aimait pas la Constitution actuelle, tout en laissant à sa famille politique la responsabilité de décider d'une éventuelle révision du texte fondamental.
Cette sortie, rapportée par mediacongo.net, intervient alors que le débat sur la révision constitutionnelle divise la classe politique congolaise et que le pays traverse une période marquée par l'entrée officielle de Joseph Kabila dans la rébellion à l'Est. Le chef de l'État a également évoqué l'année 2028, date de la fin de son second mandat, en laissant entendre qu'il pourrait mettre un terme à sa démarche si sa majorité refuse de le suivre.
« Cette Constitution, je ne l'aime pas, et vous le savez »
Devant les élus de sa majorité réunis ce samedi, le président de la République a été d'une franchise assumée sur le texte fondamental.
« Cette Constitution, je ne l'aime pas, et vous le savez », a-t-il déclaré, selon le compte-rendu de Netic News.
Dans la foulée, le chef de l'État a renvoyé la balle aux parlementaires de l'Union sacrée. « Vouloir la changer ou la toucher, c'est votre responsabilité », a-t-il affirmé, plaçant ainsi les élus devant leurs responsabilités sur cette question sensible.
Les propos du président, rapportés au conditionnel par certains observateurs présents, ont été complétés par une référence explicite à l'échéance de 2028.
« Si, en 2028, vous refusez, je m'arrête là », aurait-il ajouté, une phrase qui alimente inévitablement les interrogations sur ses intentions à l'approche de la fin de son mandat.
Une mission : remettre le pays sur les rails
Pour justifier sa position, Félix Tshisekedi a mis en avant ce qu'il présente comme sa mission à la tête du pays. Il ne s'agirait pas, selon lui, d'un exercice destiné à se maintenir au pouvoir, mais de rendre au pays une certaine normalité, comme le rapporte Actualite.cd.
« Mais sachez que j'ai une mission : celle de mettre le pays sur les rails, d'installer une paix véritable et durable », a-t-il poursuivi devant les parlementaires.
Le chef de l'État a demandé aux élus de sa famille politique de rassurer la population et de rester unis autour de la République et de l'unité nationale, en assurant que la situation était sous contrôle à tous les niveaux, selon Congo Quotidien.
Ce discours s'inscrit dans un contexte particulier : celui de la crise sécuritaire à l'Est, où l'offensive du M23, soutenu par le Rwanda, et l'entrée officielle de Joseph Kabila dans la rébellion ont fragilisé le pays. Face à ces agressions, le président a voulu afficher une maîtrise des événements et une détermination à rétablir l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire national.
Le dialogue national au cœur des discussions
Les propos du président ont été tenus alors que le débat autour du dialogue national occupe l'espace politique congolais. Ce chantier, lancé pour rassembler les forces vives de la nation, replace la loi fondamentale au centre des enjeux de gouvernance et de respect des limites du mandat présidentiel.
Pour les souverainistes, la question est claire : la Constitution actuelle, fruit des compromis de la transition, a montré ses limites face aux défis du pays. Elle a été conçue dans un contexte de sortie de guerre et n'a pas toujours permis de répondre efficacement aux attaques contre l'intégrité territoriale.
Reste que la perspective d'une révision constitutionnelle demeure un sujet de divergence au sein de la classe politique. Entre les acteurs qui soutiennent une réforme institutionnelle et ceux qui s'interrogent sur ses objectifs et ses conséquences, la question soulève des enjeux liés au fonctionnement des institutions et à la stabilité politique du pays.
2028, une échéance qui nourrit les spéculations
La référence à l'année 2028 n'a pas échappé aux observateurs. Alors que le mandat du président arrive à son terme, chaque déclaration sur la Constitution est scrutée à la loupe, comme le note Afrik.com : face à la rébellion de Kabila, Tshisekedi rassure mais entretient le flou sur 2028.
Le chef de l'État a pourtant tenu à balayer les soupçons de volonté de prolongation. Sa démarche, selon lui, relève d'une exigence de reconstruction nationale : rétablir la paix, remettre le pays sur les rails, installer une normalité durable après des années d'agressions extérieures et de déstabilisation.
Le moment choisi pour rouvrir ce débat interroge cependant. La RDC reste confrontée à une crise sécuritaire persistante dans l'Est, à des défis économiques et à de profondes attentes sociales. Engager une réforme constitutionnelle sans un consensus suffisamment large risque d'accentuer les divisions et de détourner l'attention des urgences auxquelles la population est confrontée.
Une chose est certaine : en s'exprimant avec cette franchise devant sa famille politique, Félix Tshisekedi a relancé publiquement un débat qui ne s'éteindra pas de sitôt. La balle est désormais dans le camp des parlementaires de l'Union sacrée, qui devront dire clairement, d'ici 2028, s'ils suivent ou non le chef de l'État sur la révision de la loi fondamentale.
Questions fréquentes
Qu'a déclaré Félix Tshisekedi sur la Constitution ?
Samedi 25 octobre 2026, devant les parlementaires de l'USN, il a déclaré : « Cette Constitution, je ne l'aime pas, et vous le savez », avant d'ajouter que vouloir la changer ou la toucher relève de la responsabilité des élus.
Que signifie la phrase « Si, en 2028, vous refusez, je m'arrête là » ?
Le président a signifié que si sa majorité refuse la révision constitutionnelle d'ici 2028, il mettra fin à sa démarche, la décision finale appartenant aux parlementaires.
Pourquoi Tshisekedi veut-il changer la Constitution ?
Il présente cette révision comme nécessaire pour remettre le pays sur les rails et installer une paix véritable et durable, et non comme un moyen de se maintenir au pouvoir.
