Crise boursière mondiale : la tech vacille, l’Europe tient bon, et la RDC ?
Par Christian Luwawa
Les marchés financiers mondiaux traversent une nouvelle tempête, secoués par des inquiétudes grandissantes autour des dépenses dans l’intelligence artificielle (IA) et l’essor fulgurant de la concurrence chinoise dans le secteur des semi-conducteurs. Ce mardi 28 juillet 2026, les Bourses asiatiques ont lourdement chuté, tandis que les places européennes, portées par la baisse des prix du pétrole, résistent en début de séance. Une actualité qui, bien que lointaine, interpelle la République Démocratique du Congo, nation souveraine et résolument engagée dans la défense de ses intérêts stratégiques.
Vent de panique sur les puces électroniques
« Un regain de préoccupations autour des dépenses d’investissement dans l’intelligence artificielle, ainsi que la concurrence de sociétés chinoises proposant des produits moins chers, a déclenché une nouvelle vague de ventes sur les valeurs mondiales des semi-conducteurs », explique Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank. Ce coup de semonce frappe de plein fouet le secteur de l’IA, déjà fragilisé par les doutes sur sa rentabilité à long terme.
À Séoul, l’indice Kospi a dégringolé de 10,84 %, plombé par la chute des géants des puces mémoire Samsung Electronics (-13,39 %) et SK Hynix (-14,65 %). À Tokyo, le Nikkei a plongé de 3,95 %, affecté par la dégringolade de Kioxia (-18,33 %). Ces chiffres témoignent d’une nervosité extrême, alimentée par une information de taille : selon le site The Information, l’entreprise chinoise Shanghai Yuliangsheng a lancé la production industrielle de machines de lithographie par immersion dans l’ultraviolet profond (DUV). Jusqu’ici, cette technologie de pointe était l’apanage exclusif du groupe néerlandais ASML.
« Cela signifierait que l’entreprise (ASML) ne détient plus le monopole et, pire encore, qu’elle devrait affronter la concurrence chinoise », souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote. Dans les premiers échanges à Amsterdam, l’action d’ASML cédait 0,95 %. La vague de ventes s’étend à toute l’Europe : Infineon perd 1,46 % à Francfort, Soitec recule de 2,90 % à Paris.
L’Europe résiste grâce au pétrole
Les places européennes tirent leur épingle du jeu grâce au recul des prix de l’énergie. À Paris, le CAC 40 gagne 0,56 % ; Francfort prend 0,62 % ; Londres monte de 0,11 % ; Milan grimpe de 0,26 %. « Cela résume bien les dernières 24 heures », note Jim Reid. « Les marchés oscillent entre une nouvelle vague de ventes sur les fabricants de puces et l’accalmie observée au Moyen-Orient depuis le week-end. »
Le président américain Donald Trump a jugé lundi que les discussions avec Téhéran avaient « de bonnes chances » d’aboutir, malgré les démentis iraniens. Après 15 jours d’échanges de frappes, les hostilités ont cessé samedi. Mardi vers 07h15 GMT, le baril de Brent perdait 2,22 %, à 86,40 dollars, et le WTI reculait de 1,92 %, à 81,02 dollars. La veille, ces deux références avaient chuté d’environ 8 %.
« Le recul des prix du pétrole fait baisser les rendements obligataires mondiaux, ce qui me laisse penser qu’il s’agit une fois de plus d’une intervention verbale de Trump destinée à enrayer la flambée des rendements américains », analyse Ipek Ozkardeskaya. Les bons du Trésor américain à 10 ans affichaient un rendement à 4,61 %, contre près de 4,65 % lundi.
Quel impact pour la RDC ?
Dans ce tumulte mondial, la République Démocratique du Congo doit rester vigilante. Notre pays, riche en ressources stratégiques comme le cobalt et le coltan, indispensables à la fabrication des semi-conducteurs et des batteries pour l’IA, est directement concerné par ces fluctuations. Alors que les géants technologiques – Microsoft, Meta, Apple, Amazon – s’apprêtent à publier leurs résultats trimestriels, la RDC doit affirmer sa souveraineté sur ses matières premières et ne pas se laisser dicter sa politique par les appétits étrangers. Le gouvernement du Président Félix Tshisekedi, sous la conduite éclairée du ministre Patrick Muyaya, œuvre pour une exploitation transparente et bénéfique pour le peuple congolais. Face aux ingérences rwandaises et aux manœuvres des puissances étrangères, notre unité nationale et notre patriotisme sont nos meilleures armes.
Alors que la Fed et la BCE ajustent leurs politiques monétaires, la RDC doit renforcer son économie intérieure, diversifier ses partenariats et résister aux pressions extérieures. Le chemin est difficile, mais notre nation, debout et unie, saura transformer ces crises en opportunités.