Féminisation des monarchies européennes : un atout pour la stabilité des régimes ?
Alors que la République Démocratique du Congo se bat chaque jour pour préserver son unité nationale et son intégrité territoriale face aux ingérences étrangères, l'Europe monarchique connaît une transformation silencieuse mais profonde. D'ici quelques décennies, la moitié des trônes européens seront occupés par des femmes. Une évolution qui, selon des spécialistes, pourrait renforcer la popularité et la stabilité de ces régimes. Mais qu'en est-il vraiment ?
Une révolution discrète dans les cours européennes
Sur les dix monarchies héréditaires restantes en Europe, cinq devraient voir une femme accéder au trône dans les prochaines années. C'est ce qu'affirme Patrick Weber, écrivain belge spécialiste des monarchies européennes, dans une récente émission de la RTS. « Demain, l'Europe monarchique sera à 50% féminine », prédit-il. Les princesses Leonor d'Espagne, Elisabeth de Belgique, Ingrid Alexandra de Norvège, ainsi que les héritières des Pays-Bas et de Suède, sont appelées à régner.
Ces jeunes femmes, formées militairement et préparées à incarner la modernité, pourraient bien être le visage d'une monarchie rajeunie. « Tout est fait pour les présenter comme de futures reines modernes, prêtes à assumer les mêmes fonctions que les monarques masculins », souligne Patrick Weber.
Un atout politique et populaire
Pour le spécialiste, cette féminisation pourrait être un bouclier contre les critiques. « Certains hommes politiques qui pourraient être opposés à la monarchie ont tendance à se dire que ce sera plus difficile d'attaquer une jeune femme que d'attaquer un vieux roi », explique-t-il. Une analyse qui résonne étrangement avec les réalités africaines, où les femmes leaders sont souvent perçues comme plus difficiles à déstabiliser.
La royauté norvégienne, entachée de scandales, pourrait également bénéficier de ce renouveau. « Il y a une personnalité qui en sort vraiment tout à fait blanche comme neige, c'est la princesse Ingrid Alexandra », affirme Patrick Weber.
Des lois inégales face à l'histoire
Si la Suède a aboli le privilège masculin dès 1980, suivie par les autres monarchies scandinaves, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et le Royaume-Uni, d'autres pays comme l'Espagne ou le Liechtenstein refusent encore de modifier leurs lois de succession. En Espagne, si le roi avait eu un fils, même plus jeune que la princesse Leonor, c'est lui qui serait devenu roi. « L'Espagne n'est pas très pressée de changer sa loi, parce qu'il faut faire une révision de la Constitution et cela ouvre une boîte de Pandore », explique Patrick Weber.
Au Liechtenstein, seuls les hommes peuvent monter sur le trône, quitte à favoriser des oncles ou des cousins si le roi n'a pas de fils. Une position que le prince héritier justifiait en 2019 en affirmant que l'inclusion des femmes provoquerait une augmentation exponentielle des membres de la famille régnante, affectant la stabilité du pays.
Quand les femmes marquent l'histoire
Pourtant, l'histoire montre que les femmes, même lorsqu'elles n'étaient que des « seconds choix », ont profondément marqué leur époque. « Quand on voit l'histoire royale anglaise, les trois grandes reines que l'on peut citer sont Elisabeth I, Victoria et Elisabeth II », rappelle Patrick Weber. Un constat qui devrait faire réfléchir ceux qui doutent encore de la capacité des femmes à gouverner.
En RDC, où la lutte pour l'égalité des genres et la reconnaissance des femmes leaders est un combat quotidien, cette évolution européenne offre une leçon : le leadership féminin n'est pas une faiblesse, mais une force. Comme le disait le Président Félix Tshisekedi, « la femme congolaise est le pilier de notre société ». Et si l'Europe monarchique le comprend, pourquoi pas nous ?
FAQ : Questions sur la féminisation des monarchies
Pourquoi les monarchies européennes se féminisent-elles ?
Principalement grâce à l'abolition du privilège masculin dans les lois de succession, mais aussi par hasard, comme en Espagne où l'absence de fils a permis à une fille d'hériter du trône.
Quels pays ont déjà modifié leurs lois de succession ?
La Suède (1980), les monarchies scandinaves, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et le Royaume-Uni (milieu des années 2010).
Cette féminisation renforce-t-elle la monarchie ?
Selon les spécialistes, oui. Les jeunes femmes sont perçues comme plus modernes et plus difficiles à attaquer politiquement, ce qui pourrait stabiliser ces régimes.
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