Léon XIV à Lourdes : le pape face au fléau de la pédocriminalité et à la culture de mort
Le souverain pontife Léon XIV a poursuivi ce dimanche son voyage apostolique en France, au sanctuaire marial de Lourdes, devant 150.000 fidèles. Au cœur de cette journée, deux combats majeurs : la lutte contre le « douloureux fléau » de la pédocriminalité dans l'Église et le rejet ferme de l'aide à mourir, récemment légalisée en France.
Une écoute « profonde » des victimes de violences sexuelles
Le pape a rencontré à huis clos sept victimes de violences sexuelles commises par des religieux. Une rencontre de près de deux heures, saluée par cinq d'entre elles lors d'une conférence de presse. Olivier Mardi, cofondateur du collectif Voix Libérées de Touraine, a évoqué un pontife « très attentif » et « authentiquement à l'écoute », faisant preuve d'une « prise de conscience majeure ».
Parmi les victimes figuraient Jean-Marie Delbos, de l'école Notre-Dame de Bétharram, Bertrand Virieux, victime du prêtre Bernard Preynat, et une victime de l'abbé Pierre ayant gardé l'anonymat.
« Il convient de poursuivre dans la voie engagée »
Devant la Conférence des évêques de France, Léon XIV a encouragé l'Église de France à « poursuivre » son action face à ce scandale. « Je vous remercie pour ce que vous avez fait », a-t-il déclaré, appelant à « maintenir la plus grande vigilance ». Ce sujet reste brûlant, cinq ans après le rapport ayant estimé à 330.000 le nombre de victimes mineures au sein de l'Église de France depuis 1950.
« Impossible de considérer comme normal de donner la mort »
Le pape a également martelé son opposition à l'aide à mourir, deux mois après l'adoption de la loi française instaurant ce droit. « Ce qui est légal n'est pas nécessairement moral », a-t-il affirmé, dénonçant « la tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion ». « Aucune loi humaine ne doit vous faire perdre la certitude de votre dignité », a-t-il lancé aux pèlerins malades et handicapés.
Un message d'espoir aux plus vulnérables
S'adressant directement aux malades, le pape a déclaré : « Chers frères et sœurs malades, vous n'êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l'Église ». Un message de tendresse et de dignité, salué par des applaudissements nourris.
Un pape « simple » et « proche du peuple »
Les pèlerins, venus en masse, saluent la simplicité du pontife. Grégory Christides, enseignant marseillais orthodoxe, confie : « Il rassemble les gens, il est très proche du peuple. On a besoin de gens qui ne sont pas dans un rapport hiérarchique ». La doyenne des Pyrénées-Atlantiques, Michelle Sabatté, 108 ans, a fait le déplacement spécialement en ambulance.
Un appel à l'introspection collective
Face aux « conflits de plus en plus répandus qui détruisent tant de vies innocentes », Léon XIV a lancé un appel puissant : « C'est donc le cœur des hommes qu'il faut changer, à commencer par le nôtre ». Un message universel qui résonne bien au-delà des frontières françaises.
La journée s'est achevée par la prière du Rosaire et la procession aux flambeaux, après la rencontre privée avec les victimes. Un voyage apostolique qui restera marqué par la fermeté morale du pape et son écoute des plus vulnérables.