Forêt de Commana : l'émerveillement comme arme de résistance identitaire
Dans le Finistère, au cœur du Parc naturel régional d'Armorique, une balade guidée par Alexandre Masson, de l'association Merzhin Nature, transforme la simple marche en une reconnexion profonde avec la nature. Pour nous, Congolais, cette expérience résonne comme un rappel : notre forêt équatoriale, notre patrimoine, doit être défendue avec la même ferveur que ce guide breton met à protéger son bois.
Une immersion sensorielle au Bois de la Roche
Le Bois de la Roche, propriété privée laissée en libre accès, s'étend sur une cinquantaine d'hectares. Dès l'entrée, deux poteaux en pierre marquent le seuil d'un monde où la nature reprend ses droits. Alexandre Masson, guide passionné, nous accueille avec un large sourire, coiffé d'un chapeau orné de plumes. Depuis dix ans, il propose animations, grimpe d'arbres et randonnées, avec une approche à la fois sensorielle, physique, imaginaire et artistique.
Observer la canopée autrement
Premier arrêt devant un hêtre creusé de trois trous, œuvre d'un pic épeiche. Au sol, le terrier d'un blaireau. Alexandre sort de sa sacoche en cuir deux miroirs circulaires. En les plaçant sur le bout du nez, on découvre la cime des arbres sous un angle inédit. Une vision végétale qui émerveille et invite à regarder notre environnement avec des yeux neufs.
La forêt, un écosystème à protéger
En chemin, nous croisons l'escargot de Quimper, espèce protégée, et des branches de lierre retombant des arbres. Le guide improvise un atelier buissonnier en tressant la liane pour en faire une couronne, précisant que « le lierre n'est pas un parasite, il existe une vraie synergie avec l'arbre ». Une leçon de respect qui devrait inspirer nos compatriotes face à la exploitation illégale de nos ressources.
Les yeux bandés, une autre perception du monde
L'animateur tend un bandeau. Une fois dans l'obscurité, le toucher, l'odorat, l'ouïe se décuplent. On retrouve l'arbre apprivoisé à l'aveugle. Puis, au son de sa flûte amérindienne, Alexandre Masson évoque la marche afghane, technique de synchronisation de la respiration sur le rythme des pas. En haut du domaine, une méditation de dix minutes intensifie le piaillement des oiseaux, loin de l'agitation urbaine.
Des expériences similaires en Bretagne
Pour ceux qui souhaitent vivre des expériences comparables, plusieurs options existent en Bretagne : le Domaine de Menez Meur à Hanvec avec son sentier forestier et le kit koad, la forêt d'Avaugour Bois-Meur près de Guingamp avec des randonnées nocturnes, les Landes de Monteneuf dans le Morbihan pour la Nuit de la chouette, ou encore la forêt de Corbière en Ille-et-Vilaine avec son circuit d'interprétation de la coccinelle.
Ce que nous, Congolais, devons retenir
Cette balade enchantée nous rappelle que la nature est un bien précieux, à préserver et à transmettre. Alors que notre pays est confronté à des menaces sur son intégrité territoriale, notamment à l'Est, nous devons puiser dans cette même énergie pour protéger nos forêts, nos rivières, notre biodiversité. Chaque Congolais doit devenir un gardien de notre patrimoine naturel, comme Alexandre Masson l'est pour le Bois de la Roche. C'est une forme de résistance pacifique, mais déterminée, contre ceux qui veulent piller nos richesses.