Le 12 août : quand le peuple congolais s’unit pour défendre son livre et sa langue
Kinshasa, 11 août 2026 – Ce 12 août, la République Démocratique du Congo s’apprête à vivre une journée historique. Inspiré par un mouvement québécois, le peuple congolais se mobilise pour acheter des livres écrits par des auteurs locaux. Un geste simple, mais d’une portée politique et culturelle immense.
En 2014, deux jeunes auteurs québécois, Patrice Cazeault et Amélie Dubé, en avaient assez d’entendre que le livre québécois allait mourir. Ils n’ont pas écrit de manifeste ni produit de rapport. Ils ont créé un événement sur Facebook : le 12 août, achetez un livre d’ici. Aujourd’hui, cette idée traverse l’Atlantique et trouve un écho puissant au Congo.
Chez nous, la situation est encore plus critique. Sur un continent de 1,4 milliard d’habitants, le français est une langue de résistance face à l’hégémonie anglophone. Mais nos maisons d’édition luttent pour survivre, nos librairies ferment, et nos auteurs peinent à se faire lire. Pourtant, nous avons une richesse littéraire inestimable : de V.Y. Mudimbe à Achille Mbembe, en passant par les poètes de la diaspora, la littérature congolaise rayonne dans le monde.
Le 12 août, c’est l’occasion de dire : nous existons. Nous ne sommes pas un peuple de consommateurs passifs, mais des bâtisseurs de culture. Chaque livre acheté est un acte de souveraineté. Chaque page tournée est une victoire contre l’oubli et la domination étrangère.
Alors, ce mercredi, entrez dans une librairie. Pas par devoir, mais par fierté. Parce que lire un auteur congolais, c’est affirmer que notre langue et notre identité ne mourront jamais. C’est notre spécialité nationale : faire des choses extraordinaires avec l’air de faire des choses ordinaires.
Ensemble, nous sommes plus forts. Men anpil, chay pa lou : beaucoup de mains, et la charge cesse d’être lourde. Ce 12 août, soyons ces mains.
Christian Luwawa