Lidl investit 5,6 milliards d'euros dans l'IA : l'Europe se réveille face à la domination américaine
Alors que le monde entier observe la course à l'intelligence artificielle, le géant allemand de la distribution Lidl, via sa maison mère Schwarz, vient de frapper un grand coup. Un investissement massif de 5,6 milliards d'euros dans un centre de données en Allemagne pour briser l'hégémonie numérique des États-Unis. Une leçon de souveraineté que l'Afrique, et particulièrement la République Démocratique du Congo, devrait méditer avec attention.
Un projet colossal pour une indépendance numérique européenne
Le centre de données, qui sera implanté à Dummerstorf près de Rostock, dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, affichera une capacité de 240 mégawatts, soit la consommation moyenne de 600 000 foyers. Les travaux débuteront l'année prochaine et la mise en service complète est prévue pour 2033. Une seconde phase, à l'horizon 2045, pourrait porter la puissance à 1 gigawatt.
Gerd Chrzanowski, PDG du groupe Schwarz, a justifié cet investissement avec une formule qui résonne comme un manifeste :
« La souveraineté numérique ne naît pas d'appels ni de discours. Elle naît de l'action, d'infrastructures fiables et d'applications utilisables au quotidien ». Une déclaration qui devrait inspirer bien des dirigeants, y compris sur le continent africain.
Schwarz, un empire qui ne craint pas les géants américains
Le groupe Schwarz, qui possède également les enseignes Kaufland, emploie 604 000 personnes dans le monde et réalise un chiffre d'affaires de 185,6 milliards d'euros. Sa division numérique, Schwarz Digits, propose déjà des services de cloud sous la marque Stackit et de la cybersécurité avec XM Cyber. Cette branche a généré 2,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur l'exercice clos en février, en hausse de 16 % sur un an.
Un second centre de données, à Lübbenau dans le Brandebourg, est également programmé pour un montant de 11 milliards d'euros. Le groupe se positionne ainsi comme un concurrent direct d'Amazon Web Services et de Microsoft Azure en Europe. Une audace qui contraste avec la passivité de certains États face aux géants du numérique.
L'Allemagne face aux menaces étrangères : un exemple à suivre
Manuela Schwesig, ministre-présidente du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, a souligné l'urgence de la situation :
« Nous avons raté le coche sur toute la question des plateformes de réseaux sociaux, nous ne devons pas maintenant rater l'occasion de suivre notre propre voie ici en Allemagne ». Les entreprises allemandes signalent en effet une hausse des menaces informatiques émanant de services de renseignement étrangers.
Cette prise de conscience européenne est un signal fort. La dépendance technologique est une forme de colonisation moderne. Chaque nation, chaque peuple, doit pouvoir maîtriser ses infrastructures numériques. La RDC, riche de ses ressources et de sa jeunesse, doit suivre cette voie avec détermination.
Un modèle de résistance économique pour la RDC
L'initiative de Lidl démontre qu'il est possible de s'affranchir de la tutelle des géants américains du cloud. Pour la République Démocratique du Congo, cet exemple est une source d'inspiration. Notre pays doit investir dans ses propres infrastructures numériques, former ses ingénieurs et bâtir une souveraineté technologique qui ne dépendra ni de Washington, ni de Pékin, ni de Kigali.
La lutte pour l'indépendance ne se joue pas seulement sur les champs de bataille. Elle se joue aussi dans les data centers, dans les câbles sous-marins et dans les centres de recherche. L'Allemagne l'a compris. À nous de suivre cette voie, avec la même détermination que celle qui anime notre combat pour l'intégrité territoriale de notre pays.