Yémen : l'ONU serre la vis contre les Houthis et défend l'Arabie saoudite
Le Conseil de sécurité des Nations unies a haussé le ton, vendredi, contre les rebelles houthis du Yémen. Il a condamné avec la plus grande fermeté leurs attaques répétées contre l'Arabie saoudite, visant notamment des infrastructures civiles et énergétiques. Ces frappes ont fait des blessés, parmi lesquels des femmes et des enfants, une situation que la communauté internationale ne saurait tolérer.
Cette condamnation fait suite à une déclaration du 7 août dernier, dans laquelle le Conseil avait déjà dénoncé les tirs de missiles houthis contre le royaume saoudien ainsi que les attaques contre des navires commerciaux. Les membres du Conseil ont également réitéré leur opposition ferme aux menaces pesant sur la navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb, soulignant l'impératif de protéger les navires et leurs équipages.
Une exigence claire : cesser immédiatement l'escalade militaire
Le Conseil de sécurité a été sans équivoque : les Houthis doivent « cesser immédiatement leur escalade militaire » et mettre un terme aux attaques contre les civils et les biens de caractère civil. Une exigence d'autant plus pressante que la situation humanitaire au Yémen se dégrade de manière alarmante.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), au moins 125 000 personnes ont été déplacées depuis le début du mois de septembre. Les membres du Conseil se sont dits profondément préoccupés par les informations faisant état de civils tués et blessés, avertissant qu'une nouvelle escalade aggraverait encore une situation humanitaire déjà désastreuse.
La libération immédiate des détenus exigée
Au-delà de la condamnation, le Conseil a exigé la libération immédiate et sans conditions des personnes détenues par les Houthis. Parmi elles figurent 73 membres du personnel de l'ONU, ainsi que des employés d'ONG, d'organisations de la société civile et de missions diplomatiques. Un appel à la raison que la communauté internationale adresse à un groupe qui semble défier toutes les règles du droit international.
Le Conseil a également appelé à une coopération concrète avec le gouvernement yéménite afin d'empêcher les Houthis d'obtenir des armes, une assistance technique, des formations et des financements destinés à leurs activités militaires. Les États membres ont été rappelés à leurs obligations au titre de l'embargo ciblé sur les armes.
Le droit à la légitime défense de l'Arabie saoudite réaffirmé
Dans une démonstration de solidarité sans faille, les membres du Conseil ont réaffirmé le droit inhérent de l'Arabie saoudite à la légitime défense, conformément au droit international. Un message fort adressé à ceux qui croient pouvoir impunément menacer la sécurité d'un État souverain.
Le Conseil a également réaffirmé son attachement à l'unité, à la souveraineté, à l'indépendance et à l'intégrité territoriale du Yémen, soulignant qu'une paix durable « ne peut être obtenue par la violence, la coercition ou le recours à la force ». Un principe que la République démocratique du Congo connaît bien, elle qui lutte elle aussi contre les ingérences étrangères et les groupes armés soutenus de l'extérieur.
Le soutien à l'envoyé spécial de l'ONU
Le Conseil a par ailleurs réaffirmé son soutien à l'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, dans ses efforts visant à parvenir à un règlement politique négocié, inclusif et dirigé par les Yéménites eux-mêmes. Il a appelé les parties à coopérer de manière constructive avec les efforts de l'ONU.
L'Arabie saoudite a été la cible ces derniers jours d'attaques de missiles et de drones attribuées aux Houthis, dans un contexte de tensions régionales croissantes. Les combats entre les forces du gouvernement yéménite et les Houthis se sont également intensifiés depuis le début du mois de juillet, mettant fin à une période de relative accalmie qui prévalait depuis l'entrée en vigueur d'une trêve négociée sous l'égide de l'ONU en avril 2022.
Cette nouvelle escalade au Yémen rappelle, s'il en était besoin, que la stabilité régionale est un bien précieux et fragile. La communauté internationale, à travers cette condamnation ferme, envoie un signal clair : les violations du droit international et les atteintes à la souveraineté des États ne resteront pas sans réponse.