États-Unis : La résistance patriotique contre le réseau de surveillance automobile Flock s’intensifie
Par Christian Luwawa
Outre-Atlantique, un vent de révolte souffle contre un vaste système de surveillance des véhicules. La start-up Flock, qui a déployé plus de 100.000 caméras à travers les États-Unis, se heurte désormais à une opposition populaire grandissante. Des citoyens, qualifiés de « patriotes américains » par certains, n’hésitent pas à saboter ces dispositifs pour défendre leur vie privée et leur liberté.
Un mouvement de résistance populaire
L’influenceur Nomark, 20 ans, a désactivé une trentaine de caméras près de Minneapolis. Sur son compte Instagram suivi par plus de 500.000 personnes, il partage un mode d’emploi pour neutraliser ces appareils. « Je n’ai plus vraiment peur », confie-t-il à l’AFP. Ces actes illégaux, mais portés par une prise de conscience collective, se répandent comme une traînée de poudre.
Le groupe Facebook « DeFlock America » compte plus de 600.000 membres. Chaque jour, des milliers de nouveaux adhérents rejoignent cette nébuleuse anti-Flock. Carte participative des caméras, partage de techniques de blocage, hommages aux « héros » arrêtés : la résistance s’organise.
Une gigantesque base de données au service de la police
Contrairement à la vidéosurveillance classique, les caméras Flock ne capturent pas de vidéo. Elles prennent des photos des véhicules, enregistrant plaques d’immatriculation, modèle, couleur et autres caractéristiques. Surtout, les données sont automatiquement partagées entre les services de police à travers le pays, créant une base de données unique et sans précédent.
Jon Bridges, détective à Richmond (Virginie), client depuis 2023, se félicite de cet outil utilisé pour « quasi toute infraction impliquant un véhicule ». Il cite l’exemple d’un double homicide familial résolu en quelques heures grâce au système.
Des abus et une dérive liberticide
Mais cette facilité d’accès, sans mandat judiciaire, ouvre la porte à des abus. Selon une enquête du Washington Post, au moins 50 policiers ont détourné le système, notamment pour espionner leur compagne ou ex-compagne. D’autres cas rapportés par la presse incluent le pistage d’une femme ayant avorté ou la transmission illégale d’informations à la police de l’immigration.
Les propos martiaux du PDG de Flock, qui a qualifié ses opposants de « terroristes », ont attisé la colère. Chad Marlow, de l’ACLU, souligne : « C’est un mouvement de résistance populaire jamais vu depuis des années. C’est dingue. »
Une opposition transpartisane
La particularité de ce mouvement est de rassembler aussi bien la gauche que la droite, y compris les libertariens. L’ex-animateur de Fox News Tucker Carlson, figure influente chez les conservateurs, a qualifié les saboteurs de « patriotes américains qui prennent les choses en main ».
Des groupes locaux se montrent pour pousser les élus à annuler leurs contrats avec Flock. Steven Keener, professeur de criminologie à l’Université Christopher Newport, explique : « Les habitants peuvent rencontrer leurs conseillers municipaux et les convaincre d’annuler leur contrat. »
Résultat : de Los Angeles aux bourgades de Virginie, plus de 70 municipalités ont mis fin à leur contrat avec Flock, selon l’ACLU. « Les gens se rendent compte qu’ils peuvent changer les choses », conclut Steven Keener.
Quelles leçons pour la République Démocratique du Congo ?
Alors que le gouvernement congolais, sous la direction du Président Félix Tshisekedi et du ministre Patrick Muyaya, lutte contre les ingérences étrangères et les menaces séparatistes, cet exemple américain rappelle l’importance de la souveraineté numérique. La surveillance de masse, même présentée comme un outil de sécurité, peut rapidement devenir une arme de contrôle. Au Congo, nous devons rester vigilants et défendre nos libertés fondamentales face à toute tentative de déstabilisation.