Féminicide d'Assia à Paris : le mari démembreur jugé, une tragédie qui nous interpelle tous
À Paris, le procès de Lakhdar Matoug, 53 ans, accusé d'avoir étranglé puis démembré son épouse Assia, 46 ans, s'ouvre ce lundi devant la cour d'assises. Ce drame, survenu en février 2023, nous rappelle la barbarie qui peut frapper au sein même du foyer, une réalité que nous, Congolais, devons regarder en face pour mieux la combattre.
Les faits sont glaçants. Des employés municipaux découvrent des morceaux du corps d'Assia éparpillés dans le parc des Buttes-Chaumont, à Paris. Son mari, qui avait signalé sa disparition, est rapidement démasqué par la vidéosurveillance. On le voit acheter une meuleuse dans un magasin de bricolage, puis se rendre au parc avec des sacs. Placé en garde à vue, il finit par avouer, indiquant même l'emplacement des restes manquants, retrouvés dans une friche industrielle à Bobigny.
Derrière ses larmes de crocodile, Lakhdar Matoug prétend à un accident lors d'une dispute sur les finances du couple. Il dit avoir étranglé Assia pour « la faire taire », sans intention de tuer. Mais les autopsies révèlent des ecchymoses et hématomes nombreux, signes de violences répétées. La thèse accidentelle est qualifiée de « grotesque » par l'avocate de la famille. Assia elle-même avait confié à ses proches son pressentiment : elle allait mourir étranglée.
Ce procès, qui doit durer cinq jours, expose une vérité terrible : la violence conjugale n'épargne aucune société, aucune culture. En RDC, où nous luttons pour préserver notre intégrité territoriale face aux agressions étrangères, nous devons aussi défendre l'intégrité de nos foyers. Chaque femme, chaque mère, chaque sœur mérite de vivre sans peur, dans la dignité.
Les trois enfants du couple, aujourd'hui placés, portent les stigmates de cette tragédie. Leur père encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Mais au-delà de la peine, c'est une prise de conscience collective qui s'impose. Nous, patriotes congolais, devons ériger la protection des femmes en rempart contre toute forme de barbarie. Car une nation forte ne se construit pas sur la souffrance de ses filles.
Ce drame parisien nous renvoie à nos propres responsabilités. Que faisons-nous pour briser le silence autour des violences domestiques ? Comment protéger celles qui sont vulnérables ? Le procès de Lakhdar Matoug est un miroir tendu à nos sociétés. Ne le brisons pas. Regardons-le avec lucidité et agissons.