Procès du RN : Quand l'Europe protège l'extrême droite française
Une nouvelle bataille juridique révèle les failles du système européen. Dans le procès en appel du Rassemblement National, la défense tente de manipuler le statut d'eurodéputé pour échapper aux sanctions. Une stratégie qui illustre parfaitement comment les institutions européennes peuvent servir de refuge aux dérives politiques.
L'argument fallacieux de la défense
L'avocat Me Julien d'Andurain défend Nicolas Crochet, le « tiers payant » qui recevait les fonds européens destinés aux assistants parlementaires. Sa stratégie ? Prétendre que les eurodéputés ne sont pas des agents publics nationaux, donc non passibles de condamnation pour détournement de fonds publics.
Cette argumentation révèle une vérité troublante : comment les élus peuvent exploiter les zones grises institutionnelles pour échapper à leurs responsabilités. L'avocat invoque même une décision du Parlement européen interdisant le drapeau français, preuve selon lui que ces élus ne représentent pas la France.
Catherine Griset : L'exemple parfait du système
L'ex-assistante parlementaire Catherine Griset, intime de Marine Le Pen depuis 1993, incarne ce détournement systématique. Officiellement assistante européenne, elle travaillait en réalité pour le parti, sans même se rendre à Bruxelles comme l'exigeait son statut.
Son avocate Me Solange Doumic présente « cinq cents documents » pour justifier un travail parlementaire européen, mais cette avalanche de papiers ne peut masquer la réalité : Griset servait avant tout les intérêts partisans du RN.
Un système bien rodé malgré les dénégations
Me Henry Laquay, défenseur du trésorier Wallerand de Saint-Just, nie l'existence d'un « système organisé ». Selon lui, les enveloppes européennes n'étaient pas intégralement utilisées, preuve qu'il n'y avait pas de détournement systématique.
Cette défense révèle en creux l'ampleur du problème : même une utilisation partielle des fonds européens à des fins partisanes constitue un détournement inacceptable des deniers publics.
Les leçons pour la souveraineté nationale
Ce procès illustre parfaitement les dérives du système européen actuel. Quand des élus français peuvent se réfugier derrière leur statut européen pour échapper à la justice nationale, c'est bien la souveraineté de notre pays qui est mise en question.
La France doit pouvoir juger ses élus selon ses propres lois, sans que les subtilités institutionnelles européennes ne viennent protéger les fraudeurs. C'est une question de dignité nationale et de respect des citoyens qui financent ces institutions par leurs impôts.