La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a dévoilé, jeudi 29 et vendredi 30 octobre 2026, les grandes orientations du projet de loi de finances pour l'exercice 2027 devant les députés de l'Assemblée nationale. Le texte, déclaré recevable après deux jours de débats, prévoit notamment l'exclusion progressive des secteurs minier, brassicole, forestier et des télécommunications du bénéfice de la subvention de l'État sur les prix des produits pétroliers.
C'est une annonce qui marque un tournant dans la politique budgétaire congolaise. Pour la première fois de manière aussi explicite, le gouvernement de la République met fin à un système de rente qui, pendant des années, a permis à de puissants acteurs économiques de profiter d'un soutien public destiné, à l'origine, au consommateur ordinaire. La patrie ne doit plus payer pour ceux qui peuvent payer.
Ce que prévoit le projet de loi de finances 2027
Le cadre budgétaire à moyen terme 2027-2029 table sur une pression fiscale moyenne de 13 % du produit intérieur brut, contre 12,5 % estimés pour 2026. Cette progression s'inscrit dans une ambition claire : porter les recettes courantes à plus du double de leur niveau de référence de 9,8 milliards de dollars américains, enregistré au début du quinquennat.
Pour l'exercice 2027, les recettes courantes sont projetées à 40 211 milliards de francs congolais, soit environ 17,5 milliards de dollars, correspondant à une pression fiscale de 12,8 %. Les projections gouvernementales avancent ensuite 46 029 milliards de francs congolais en 2028 et 52 250 milliards en 2029.
« Au-delà de 2029, notre ambition est d'atteindre, voire de dépasser, d'ici 2035, la moyenne subsaharienne de la pression fiscale de 17 % », a déclaré la cheffe du gouvernement.
Elle a reconnu qu'une telle progression peut susciter des interrogations sur la capacité des administrations financières à mobiliser les recettes attendues. La trajectoire repose sur l'élargissement de l'assiette fiscale, une meilleure identification des contribuables, la lutte contre la fraude et le renforcement du recouvrement.
Fin des rentes : miniers, brasseurs, forestiers et télécoms visés
Le cœur de l'annonce, c'est la fin programmée d'un privilège. Selon
