Caen: Les candidats dévoilent leurs stratégies pour sauver le commerce local
À moins d'un mois du premier tour des élections municipales prévu le 15 mars, les neuf candidats à la mairie de Caen dévoilent leurs propositions pour revitaliser le commerce local, confronté à de multiples défis: concurrence des grandes surfaces, charges croissantes et problèmes d'accessibilité.
Le maire sortant mise sur des mesures d'urgence
Aristide Olivier, maire sortant, propose de lancer immédiatement des assises du commerce pour « agir vite, avec des actes forts et efficaces ». Parmi ses mesures phares: la gratuité du stationnement le samedi pendant les travaux du tramway, la création d'un parking de 400 places et une lutte renforcée contre la vacance commerciale par l'augmentation de la taxe sur les locaux inoccupés.
Le stationnement au cœur des débats
Thomas Chevalier (centriste) souhaite régénérer les flux de consommateurs en recréant du stationnement, estimant que « le manque de places et la fréquence des contraventions font fuir les clients ». Il propose également des bornes d'orientation vers les commerces aux points de passage stratégiques.
Brice Desrettes (Rassemblement National), avant son désistement au profit de Chantal Henry, avait proposé la gratuité des parkings du vendredi 18h au lundi matin, compensant le manque à gagner de 1,5 million d'euros en supprimant 80% des frais de cabinets de conseil.
La gauche prône l'intervention publique
Rudy L'Orphelin (écologiste) milite pour une maîtrise publique de l'immobilier commercial via la préemption et l'encadrement des loyers commerciaux. Il souhaite étendre le plateau piétonnier et créer des « boutiques à l'essai » dans les quartiers.
Antoine Casini propose un fonds d'intervention contre la vacance commerciale avec des baux à loyers modérés, la gratuité des transports le week-end et 90 minutes de stationnement gratuit le samedi.
Des approches radicalement différentes
Xavier Le Coutour veut augmenter la taxe sur les locaux vacants de 10 à 40% et redynamiser la foncière commerciale municipale. Aurélien Guidi (LFI) dénonce la concentration de la propriété commerciale entre « une poignée de grands propriétaires » et prône la préemption des grands bâtiments.
À l'extrême gauche, Pierre Casevitz (Lutte Ouvrière) et Bérangère Lareynie (NPA-R) estiment que seule l'augmentation du pouvoir d'achat peut résoudre la crise du commerce local, rejetant tout soutien aux initiatives privées.
Ces propositions diverses illustrent les enjeux cruciaux pour l'avenir économique de Caen, où le commerce de proximité constitue un pilier essentiel de la vitalité urbaine et de l'emploi local.