Une analyse internationale publiée le 8 novembre 2026 et relayée par mediacongo.net bouleverse la vision classique du diabète de type 2 : réduire la glycémie ne serait pas suffisant, et certains traitements anciens pourraient même nuire aux patients.
Des chercheurs montréalais, dont le docteur Marc Donath, endocrinologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal, ont contribué à cette analyse de données internationales qui remet en question le dogme selon lequel le diabète de type 2 serait uniquement causé par l'insulinorésistance et une sécrétion insuffisante d'insuline.
Le vrai problème serait l'obésité
« Classiquement, le diabète a été vu comme une maladie où la résistance à l'insuline était la cause du diabète », a rappelé le docteur Donath. « Mais dans cette autre façon de voir, on voit la résistance à l'insuline comme une réponse au vrai problème, et le vrai problème, c'est l'obésité. »
Les traitements habituels du type 2 améliorent la glycémie en forçant le glucose à entrer dans les tissus, « et en particulier dans le cœur, et finalement, ça va augmenter la mortalité », a-t-il ajouté. La nouvelle approche consiste à ne pas se limiter à la glycémie, mais à examiner où va le glucose chez chaque patient.
Les anciens traitements en cause
L'étude rappelle que même si les sulfonylurées, les thiazolinédiones et l'insuline réduisent efficacement la glycémie, cela ne s'est pas toujours traduit par une amélioration des résultats à long terme. En revanche, « les interventions récentes produisent souvent des bénéfices métaboliques qui dépassent les attentes fondées uniquement sur la réduction de la glycémie », écrivent les chercheurs.
« Si on donne trop d'insuline, ça va augmenter l'obésité, et avec l'obésité, on a le glucose qui va tout droit dans le cœur, c'est la même chose avec les sulfonylurées, et ça augmente la mortalité », a résumé le docteur Donath. « Ces patients-là ont déjà trop d'insuline, et on leur en donne encore plus. »
Les nouveaux médicaments mieux alignés
Selon cette nouvelle grille de lecture, les agonistes des récepteurs du GLP-1 comme Ozempic ou Mounjaro, ainsi que les inhibiteurs du SGLT2 comme Jardiance, agiraient en phase avec les mécanismes naturels de protection de l'organisme contre l'excès nutritionnel.
« Si on donne de nouveaux médicaments comme les agonistes des récepteurs du GLP-1, le patient mangera moins et ça sera bénéfique parce qu'il y aura moins de glucose dans le corps », a expliqué le docteur Donath. « Avec les inhibiteurs du SGLT2, le glucose va sortir du corps dans l'urine. »
Plusieurs pays ont d'ailleurs abandonné les sulfonylurées comme traitement de première ligne, tandis que le Canada et le Québec sont à la traîne pour différentes raisons. Au Québec, les médecins sont encore contraints de prescrire les anciens traitements avant de pouvoir prescrire les plus récents.
« J'ai vraiment mauvaise conscience dans ma pratique d'être obligé de donner des médicaments qui sont toxiques à un patient, et je choisis bien mes mots », a dénoncé le docteur Donath. « Pour avoir le droit de donner quelque chose qui fait vraiment du bien, je suis obligé de passer par un médicament qui est toxique. »
Un enjeu pour la santé publique congolaise
Cette découverte a une portée particulière pour la RDC, où le diabète progresse dans les centres urbains. Selon Presse Santé, une perte de poids peut améliorer la sensibilité à l'insuline et faciliter le contrôle de la glycémie chez certaines personnes atteintes de diabète de type 2 précoce.
Des recherches rapportées par Tech Times montrent également que l'ordre des aliments dans l'assiette, avec les légumes et les protéines consommés avant les féculents, ralentit la vidange gastrique et réduit la réponse glycémique chez les personnes en prédiabète ou atteintes de diabète de type 2.
Une alimentation équilibrée reste donc un pilier de la prévention, comme le confirme une étude citée par Doctissimo suggérant qu'un grain complet moins moulu pourrait jouer modestement sur l'HbA1c en 12 semaines.
Questions fréquentes
Réduire la glycémie suffit-il à traiter le diabète de type 2 ?
Non, selon cette analyse internationale : la réussite thérapeutique dépend aussi de la manière dont chaque traitement répartit le glucose dans les tissus et de son impact sur l'ensemble de l'organisme.
Quels médicaments seraient préférables selon cette étude ?
Les agonistes des récepteurs du GLP-1 comme Ozempic ou Mounjaro et les inhibiteurs du SGLT2 comme Jardiance agiraient en phase avec les mécanismes de protection de l'organisme.
Pourquoi les sulfonylurées sont-elles critiquées ?
Elles stimulent la production d'insuline chez des patients qui en ont déjà trop, augmentant l'obésité et le risque cardiovasculaire, selon le docteur Marc Donath.
