Le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a défendu jeudi 5 novembre 2026 à Paris la souveraineté de la RDC sur ses ressources minérales, lors de la deuxième réunion du Comité conjoint de pilotage du partenariat stratégique entre Kinshasa et Washington. Son message ne souffre aucune ambiguïté : le partenariat avec les États-Unis avancera dans le respect du cadre légal congolais, de la préservation des intérêts de l'État et de la souveraineté nationale.
Neuf mois après la première réunion tenue à Washington, les deux délégations se sont retrouvées au George C. Marshall Center, dans la salle même où furent préparés les travaux du Plan Marshall pour la reconstruction de l'Europe après 1945. Un symbole fort, relevé par mediacongo.net, qui rapporte l'essentiel des échanges de cette rencontre parisienne.
Trois dossiers stratégiques sur la table
Au menu des discussions : le Corridor de Lobito, le projet Grand Inga et les investissements dans les minerais critiques. Autrement dit, l'avenir industriel du pays. Face à la délégation américaine, Louis Watum Kabamba, entouré de ses collègues du gouvernement et du Comité de suivi, a présenté un bilan des avancées enregistrées dans le secteur minier, les investissements déjà engagés par les entreprises américaines en RDC et les perspectives de développement de plusieurs projets stratégiques.
Mais le ministre n'est pas venu à Paris les mains vides. Il est venu avec la loi congolaise pour feuille de route. Interrogé sur les conditions imposées aux investisseurs étrangers, il a rappelé avec fermeté les exigences du contenu local prévu par la législation minière.
« Le cadre légal prévoit la participation de 5 % des travailleurs et de 5 % des citoyens congolais au capital des entreprises minières, ainsi que la participation de 50 % des Congolais dans les entités de traitement, conformément à la législation minière », a-t-il rappelé.
Les Congolais dans le capital, dans les emplois et dans les usines
Pour Kinshasa, ces chiffres ne sont pas négociables. Ils portent une exigence de justice économique : les Congolais ne doivent plus se contenter de regarder les camions chargés de cuivre et de cobalt quitter leurs mines. Ils doivent être dans le capital des sociétés, dans les emplois qualifiés et dans les usines de transformation. C'est le sens profond du message porté devant les Américains.
Cette position s'inscrit dans la dynamique impulsée par le ministre depuis sa prise de fonction. Une mission de terrain menée fin octobre dans le Lualaba, rapportée par allAfrica, avait déjà posé les jalons : assainir le secteur minier, renforcer l'autorité de l'État et faire profiter davantage les Congolais de leurs ressources naturelles.
Durant cette tournée du 25 octobre au 3 novembre 2026, selon La Prospérité, Louis Watum Kabamba a sillonné la province minière pour imposer une nouvelle discipline aux opérateurs du secteur. La fermeté affichée à Paris n'est donc pas une posture de circonstance. Elle traduit une politique cohérente de reconquête du contrôle national sur le patrimoine minier.
Transformation locale : tourner la page de l'exportation à l'état brut
La délégation congolaise a ensuite détaillé ses autres priorités. La création d'emplois, la transformation locale des ressources, l'appui financier et technique à l'exploitation artisanale et le renforcement des capacités ont été au cœur des échanges, selon le ministre.
« La création d'emplois, la transformation locale de nos ressources, l'appui financier et technique à l'exploitation artisanale et le renforcement des capacités ont également été au cœur de nos échanges », a indiqué Louis Watum Kabamba.
Ce point mérite d'être souligné. Le partenariat avec les États-Unis ne doit pas profiter uniquement aux grandes multinationales. Il doit aussi bénéficier aux creuseurs artisanaux qui font vivre des milliers de familles dans le Katanga et dans l'Est du pays, régions meurtries mais riches de tant de potentiel. D'après le site Mining, le ministre a également mis l'accent sur le transfert de compétences et la conformité aux lois minières congolaises, tout en signalant les opportunités d'investissement supplémentaires pour les entreprises américaines.
Un levier de développement, pas une fenêtre de pillage
En posant ainsi le débat, Louis Watum répond à une frustration ancienne et légitime. Celle d'un pays qui exporte ses richesses à l'état brut, qui voit partir son cuivre, son cobalt et ses terres rares vers l'étranger, puis qui importe ensuite, à prix d'or, les produits finis fabriqués à partir de ses propres matières premières. Ce cycle de spoliation doit cesser.
« Notre objectif est de faire de ce partenariat un véritable levier de développement et de création de valeur ajoutée en RDC, au bénéfice de notre économie et de nos populations », a conclu le ministre.
La formule est claire. La RDC n'est plus un comptoir où l'on vient chercher des matières premières sans contrepartie. C'est un État souverain qui négocie d'égal à égal, qui fixe ses règles et qui exige que sa loi s'applique sur son sol. Comme le relève Actualite.cd, l'objectif affiché est de faire des ressources minérales congolaises un véritable levier d'industrialisation, de création d'emplois et de valeur ajoutée pour l'économie nationale.
Le choix du George C. Marshall Center, lieu mémoire de la reconstruction européenne, en dit long sur l'ambition portée par Kinshasa. Hier, le Plan Marshall a relevé l'Europe de ses ruines. Demain, si les Congolais restent maîtres de leurs décisions, le partenariat RDC-États-Unis pourra contribuer à relever un continent tout entier. À condition que la parole congolaise, exprimée ce 5 novembre 2026 à Paris, soit tenue et respectée.
Questions fréquentes
Quand et où s'est tenue la réunion RDC-États-Unis sur les minerais critiques ?
La deuxième réunion du Comité conjoint de pilotage s'est tenue le jeudi 5 novembre 2026 au George C. Marshall Center, à Paris, neuf mois après la première réunion organisée à Washington.
Quelles exigences congolaises Louis Watum a-t-il rappelées aux Américains ?
Le ministre des Mines a rappelé que la législation minière congolaise impose la participation de 5 % des travailleurs et de 5 % des citoyens congolais au capital des entreprises minières, ainsi que la participation de 50 % des Congolais dans les entités de traitement.
Quels dossiers ont dominé les échanges entre Kinshasa et Washington ?
Trois dossiers ont été au centre de la rencontre : le Corridor de Lobito, le projet Grand Inga et les investissements américains dans les minerais critiques en RDC.
