France dévoile son plan contre l'infertilité : 3,3 millions de citoyens concernés
Après deux années d'attente et de promesses non tenues, le gouvernement français a enfin dévoilé son plan de lutte contre l'infertilité. Cette initiative, longtemps réclamée par les associations de patients, concerne directement 3,3 millions de Français confrontés à ce défi de santé publique majeur.
Un plan enfin concrétisé après des années de retard
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a présenté ce jeudi un dispositif ambitieux qui vise à sensibiliser massivement la population sur les enjeux de fertilité. Cette annonce met fin à une attente frustrante de deux ans, depuis la promesse initiale d'Emmanuel Macron.
« Les enjeux de l'infertilité ont été analysés dans tous leurs aspects pour permettre le lancement immédiat de mesures concrètes et trop longtemps attendues », a déclaré la ministre lors de la présentation officielle.
Mesures phares : information préventive et accès facilité
Le plan prévoit plusieurs mesures innovantes :
- Messages préventifs systématiques : dès la fin de l'été, tous les Français recevront un message d'information lors de leur 29e anniversaire
- Extension de la congélation d'ovocytes : habilitation de plusieurs dizaines de nouveaux établissements d'ici 2028
- Prise en charge renforcée du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), trouble largement méconnu
- Campagne nationale de communication prévue fin 2026
Une approche sans pression démographique
Contrairement aux déclarations précédentes sur le « réarmement démographique » qui avaient suscité des critiques, le nouveau plan adopte une approche respectueuse du choix individuel. « Le rôle du politique n'est pas de dire s'il faut avoir des enfants ou encore à quel âge », précise Stéphanie Rist.
Ouverture contrôlée au secteur privé
Pour répondre aux longs délais d'attente actuels, le ministère envisage d'ouvrir certaines procédures au secteur privé, tout en maintenant la gratuité et en évitant toute « logique marchande ».
Accueil positif mais vigilant des associations
Le collectif BAMP, représentant les personnes infertiles, salue cette avancée historique. « On passe dans une nouvelle ère, on n'a jamais été à ce niveau-là de considération des sujets de fertilité », déclare sa présidente Virginie Rio, tout en soulignant que « beaucoup de travail » reste à accomplir.
Ce plan s'inscrit dans une démarche plus large de modernisation de la santé reproductive française, alors que le pays présente des taux de mortalité infantile et maternelle supérieurs à plusieurs voisins européens.